/  31 mars 2026

Développer l’autonomie financière des jeunes adultes avec les surplus du REEE

Chantale Marquis, Pl. Fin.
Représentante en épargne collective


Le régime enregistré d’épargne-études (REEE) constitue un outil d’épargne particulièrement avantageux pour les médecins. L’épargne destinée aux études postsecondaires de leurs enfants peut y croître à l’abri de l’impôt, et il donne aussi accès à des subventions gouvernementales.

Selon le profil d’investisseur des parents, et leur niveau de risque, un REEE maximisé peut générer un rendement important et mener à l’accumulation de sommes qui s’avèreront supérieures aux besoins réels de leur(s) enfant(s). Chantale Marquis explique comment ces surplus peuvent être mis à profit pour soutenir l’autonomie financière de son enfant.

Pourquoi des surplus dans un REEE ?

Dès la naissance d’un enfant, les parents peuvent cotiser à un REEE à son nom. Bien souvent, les médecins versent des cotisations de 2 500 $ par année dès la naissance. Ainsi, lorsque l’enfant atteindra 14 ans, les parents auront déjà cotisé 36 000 $. À ce moment, les subventions auront atteint leur maximum : 7 200 $ du gouvernement fédéral et 3 600 $ du gouvernement du Québec. Par la suite, plusieurs parents choisissent de poursuivre les cotisations, toujours à l’abri de l’impôt, jusqu’au plafond à vie de 50 000 $, mais sans subventions supplémentaires.

À la fin des études, il peut rester un surplus dans un REEE. Un cas type : les parents de Noah* ont accumulé 110 000 $ dans le REEE de leur fils. Celui-ci entame ses études postsecondaires et des retraits sont prévus pour couvrir ses besoins : 10 000 $ par an au cégep, puis 20 000 $ par an à l’université. Après trois années de baccalauréat, ce plan laisserait à Noah un surplus d’environ 30 000 $, voire davantage si les rendements continuent de s’accumuler.

« Il n’est pas rare de voir des REEE dépasser 100 000 $ grâce à la croissance », explique Chantale Marquis. « À la fin des études de l’enfant, même après cinq ou six années sur les bancs d’école, il peut rester un solde. »

La situation est particulièrement fréquente lorsque l’enfant étudie près de chez lui. En continuant de vivre chez ses parents, ses besoins financiers sont réduits, ce qui peut laisser un excédent important dans le régime.

Dans ces situations, les médecins se tournent souvent vers leur conseiller pour aider leur enfant à acquérir les bases de l’épargne et de l’investissement. Certaines familles hésitent à retirer des fonds dès le cégep, mais Chantale Marquis les y encourage.

« Stratégiquement, comme l’enfant a peu de revenus de travail, c’est le meilleur moment pour commencer à retirer afin d’être moins imposé ». Elle suggère ensuite d’ouvrir un CELI au nom de l’enfant pour y déposer les sommes retirées dont il n’a pas besoin immédiatement.

Initiation à l’épargne

Pour Chantale Marquis, développer l’autonomie financière des jeunes passe par l’ouverture de régimes enregistrés, la planification des projets qui leur tiennent à cœur et la prise de conscience des impacts de leurs habitudes sur leur situation financière.

Anatomie d’une première rencontre :

  • Appel vidéo adapté au niveau de connaissance du jeune adulte.
  • Explication des différents placements (fonds commun, obligation, action, répartition d’actif, frais de gestion, etc.).
  • Explication des divers régimes et comptes d’épargne : compte d’épargne libre d’impôt (CELI), régime enregistré d’épargne-retraite (REER et RAP), compte d’épargne libre d’impôt pour l’achat d’une première propriété (CELIAPP), etc.
  • Simulations et scénarios pour illustrer le rendement des placements.

 

Comment aider Noah à gérer cet argent ? Chantale Marquis commencerait par le rencontrer dès ses 18 ans. Les sommes retirées du REEE dont il n’a pas besoin pendant ses premières années d’études pourraient être placées dans un CELI.

Si un jeune adulte comme Noah se montre ouvert à aller plus loin et qu’il n’a pas besoin d’une partie des fonds avant quelques années, une portion du capital peut aussi être investie sur les marchés boursiers. Il peut ainsi suivre lui-même l’évolution de son portefeuille et apprendre à mieux se connaître comme investisseur.

« À cet âge, plusieurs jeunes n’ont encore aucune notion en matière de placement. Je les initie aux avantages de l’épargne, tout en les sensibilisant à la réalité et à la volatilité des marchés », précise-t-elle.

Une fois le CELI maximisé, l’option de cotiser à un REER peut être envisagée s’il a accumulé des droits. Le CELIAPP devient également intéressant pour commencer à accumuler des droits de cotisation de 8 000 $ par année.

L’objectif est d’amener les jeunes à suivre l’évolution de leurs placements et de leurs finances. Lorsqu’ils seront sur le marché du travail, ils pourront ensuite mettre en place une épargne systématique pour réaliser leurs projets.

Développer de bonnes habitudes

Chantale Marquis accompagne souvent les jeunes adultes dans la gestion de leurs finances. Chaque situation est unique, mais certains principes de base demeurent intemporels :

  • Pendant les études, il est préférable de limiter les risques, car les fonds peuvent être nécessaires à court terme, par exemple pour voyager.
  • L’épargne devrait être répartie selon divers horizons, notamment une portion à court terme et une autre à long terme, avec des stratégies d’investissement adaptées.
  • L’épargne automatique, par versements réguliers, reste l’une des méthodes les plus efficaces pour se constituer un patrimoine.
  • Dès qu’un jeune obtient un emploi (ou en change) il devrait revoir son plan financier.

Les surplus d’un REEE représentent une occasion idéale pour initier les jeunes à la gestion de leurs finances. Avec un accompagnement adapté, ils peuvent apprendre à diversifier leurs placements, profiter des avantages fiscaux et développer des habitudes d’épargne durables.


*Prénom fictif

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