Survol des marchés financiers | Fiera Capital – Septembre 2026
Contexte économique
Le troisième trimestre de 2026 a été marqué par une combinaison de tensions géopolitiques, incertitudes commerciales et préoccu-pations persistantes liées à l’inflation. Malgré ce contexte, l’économie mondiale a continué de faire preuve d’une résilience appréciable. Au cours du trimestre, l’évolution du conflit entre les États-Unis et l’Iran a fortement influencé les marchés financiers et les prix de l’énergie. Après une détente observée en juin à la suite d’un cessez-le-feu temporaire et de la réouverture du détroit d’Ormuz, les tensions se sont de nouveau intensifiées durant l’été, alimentant les inquiétudes concernant l’approvisionnement énergétique mondial.
Aux États-Unis, l’activité économique est demeurée robuste. Le marché du travail continue de soutenir la consommation des ménages tandis que les investissements massifs liés à l’intelligence artificielle contribuent à maintenir un rythme de croissance supérieur à la tendance. Toutefois, les progrès dans la maîtrise de l’inflation demeurent limités. Les mesures de l’inflation sous-jacente sont restées bien supérieures à la cible de la Réserve fédérale américaine (Fed), ce qui a amené les autorités monétaires à conserver un discours résolument restrictif tout au long du trimestre.
Au Canada, l’économie a connu une amélioration graduelle après un début d’année plus difficile. Les exportations, l’investissement des entreprises et les dépenses des ménages ont contribué à soutenir la croissance économique. Néanmoins, les perspectives demeurent assombries par l’incertitude entourant la relation commerciale avec les États-Unis. Le refus de renouveler l’Accord Canada–États-Unis–Mexique ainsi que l’imposition de nouveaux tarifs douaniers ont entretenu un climat de prudence chez plusieurs entreprises. Malgré la reprise de l’activité, l’inflation sous-jacente est demeurée relativement maîtrisée comparée à celle observée aux États-Unis.
L’économie chinoise a continué d’évoluer à deux vitesses. Les secteurs manufacturiers liés aux exportations et aux technologies ont bénéficié d’une forte demande étrangère, particulièrement dans les segments associés à l’intelligence artificielle. À l’inverse, la consommation intérieure, les investissements et le marché immobilier sont demeurés fragiles. Cette divergence a accentué les pressions sur les autorités chinoises afin qu’elles mettent en œuvre de nouvelles mesures de relance.
Au cours du trimestre, les marchés des matières premières ont connu d’importantes fluctuations. Après avoir reculé fortement à la suite de l’entente de paix provisoire entre les États-Unis et l’Iran, le prix du pétrole a rebondi lorsque les tensions géopolitiques se sont ravivées durant l’été. L’or a également profité du regain d’incertitude économique et budgétaire, retrouvant son attrait comme valeur refuge de rechange.
Politique monétaire et titres à revenu fixe
Les principales banques centrales ont maintenu leurs taux directeurs inchangés au cours des deux premiers mois du troisième trimestre. La Fed a toutefois augmenté son taux directeur de 25 points de base en septembre. Son nouveau président, Kevin Warsh, a réaffirmé à plusieurs reprises que la stabilité des prix demeurait la priorité de l’institution. Les marchés ont progressivement intégré la possibilité de nouvelles hausses de taux si les pressions inflationnistes devaient persister.
La Banque du Canada a choisi le statu quo. D’une part, la croissance économique a montré des signes d’amélioration. D’autre part, les risques associés au commerce international ainsi que l’incertitude entourant le prix du pétrole ont amené la Banque à privilégier la prudence. Les responsables monétaires ont cherché à équilibrer les risques de ralentissement économique avec ceux découlant d’un éventuel retour de l’inflation.
Les marchés obligataires ont été affectés par les inquiétudes persistantes concernant l’inflation et les déficits gouvernementaux. Les taux obligataires ont généralement progressé au Canada comme aux États-Unis, particulièrement durant la deuxième moitié du trimestre, les investisseurs anticipant des taux d’intérêt élevés pour une période plus longue que prévu.
Au cours des deux premiers mois du troisième trimestre, le dollar canadien a regagné une partie du terrain perdu à la fin du deuxième trimestre, soutenu par la remontée des prix de l’énergie et l’amélioration relative des perspectives économiques au Canada. Toutefois, ce mouvement s’est inversé en fin de trimestre, le dollar canadien effaçant la majorité des gains enregistrés précédemment.
Marchés boursiers
Les marchés boursiers mondiaux ont traversé un trimestre volatil, mais généralement positif. Les investisseurs ont dû composer avec les fluctuations du prix du pétrole, les tensions commerciales et les interrogations entourant les valorisations élevées de plusieurs sociétés technologiques. Malgré tout, des résultats financiers solides ont permis aux marchés de progresser dans la plupart des régions.
Aux États-Unis, les titres technologiques ont connu d’importantes fluctuations. Après une période de correction liée aux préoccupations concernant les investissements massifs dans l’intelligence artificielle, l’enthousiasme des investisseurs est revenu en fin de trimestre. Le secteur technologique a ainsi retrouvé son rôle de moteur de la performance du marché américain.
Au Canada, les actions ont bénéficié de la solidité du secteur technologique ainsi que de la remontée des prix du pétrole et de l’or. Les sociétés énergétiques et les producteurs aurifères ont contribué favorablement à la performance du marché, particulièrement lors des deux premiers mois du trimestre.
Les marchés internationaux développés ont affiché des gains modérés pendant le trimestre. À cause du ralentissement économique observé en Chine, les marchés émergents ont terminé le trimestre sur une note négative.
À l’horizon
À l’approche du quatrième trimestre, les perspectives économiques demeurent mitigées. Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient, les risques associés au commerce international et la persistance de l’inflation continuent de représenter les principales sources d’incertitude pour l’économie mondiale.
Notre scénario central demeure celui d’une croissance économique modérée, accompagnée d’une inflation plus persistante qu’anticipée par les banques centrales. Dans ce contexte, les taux d’intérêt pourraient demeurer relativement stables pendant une période prolongée et maintenir un certain niveau de volatilité sur les marchés financiers.
Malgré ces défis, la résilience des économies nord-américaines, ainsi que les gains de productivité potentiels associés à l’intelligence artificielle, constituent des facteurs de soutien importants pour la croissance à moyen terme. Une approche de placement diversifiée et disciplinée demeure donc appropriée dans l’environnement actuel.



