Nous poursuivons, dans cet article, la présentation des méthodes de sélection de valeurs à risque amorcée dans le précédent article. Nous y établirons la distinction entre les 2 approches préférées des gestionnaires de portefeuille : l’analyse fondamentale et l’analyse technique.

L’analyse fondamentale

Une première façon d’analyser les valeurs de placement consiste à scruter la situation financière des entreprises ou des projets concernés dans le but de pouvoir établir une prévision raisonnablement fiable de leurs perspectives de gains à court et à moyen terme. L’information de base pour un tel exercice se trouve dans le rapport annuel de l’entreprise que l’on peut se procurer facilement sur le site Internet de l’entreprise. Ce document comprend les états financiers récents de l’entreprise , qui renseignent de façon objective sur la rentabilité passée de l’entreprise. On y trouve également des commentaires émanant de la direction de l’entreprise, qui servent à évaluer la capacité de l’entreprise à maintenir ou d’améliorer sa rentabilité au cours des années à venir.

Le domaine d’application de l’analyse fondamentale ne se limite évidemment pas aux entreprises, mais englobe aussi l’économie dans son ensemble et les secteurs d’activités qui peuvent être définis de façon très large (par exemple, le secteur manufacturier) ou beaucoup plus restreinte (par exemple, l’industrie des accessoires de mode).

L’analyste fondamentale recourt fréquemment à la méthode des ratios. Cette dernière offre la possibilité d’évaluer la performance financière d’une entreprise sur la base des renseignements contenus dans les états financiers. On trouvera, au tableau 1, une liste de ratios classés selon les quatre aspects qu’ils permettent d’analyser :

  • la liquidité;
  • la structure du capital (ou l’endettement);
  • la gestion;
  • la rentabilité.




Lorsqu’il applique la méthode des ratios, le spécialiste de l’analyste fondamentale ne se limite pas à calculer les ratios d’une entreprise, mais il les compare aussi à ceux des principaux concurrents, ainsi qu’à ceux du secteur industriel dans son ensemble.

L’analyse technique

L’analyse technique propose une approche des marchés de valeur de placement reposant sur l’analyse du comportement des investisseurs plutôt que sur l’étude des perspectives de profits des entreprises. Les défenseurs de cette approche comparent fréquemment le mouvement du prix des valeurs de placement à celui des vagues d’une mer plus ou moins agitée. Ainsi, lorsqu’une valeur a connu une hausse importante au cours d’une brève période, le marché va généralement connaître un mouvement de repli à la baisse. L’inverse se produit également dans le cas d’une valeur qui a chuté de façon prononcée.

La méthode de la moyenne mobile (MA)

L’une des techniques les plus couramment utilisées est certes celle de la « moyenne mobile », qui permet de suivre une tendance, si elle existe, et de réagir rapidement lorsqu’elle change de direction. La méthode consiste à établir, sur une période de temps déterminée, des moyennes successives qui forment la courbe graphique à partir de laquelle l’analyste pourra tenter d’envisager ou de confirmer la tendance des prix.

Une moyenne mobile sert à aplanir la courbe du cours du titre, à réduire l’effet des forts mouvements à la hausse ou à la baisse. L’investisseur recherche alors une information sur la direction du cours d’une valeur de placement (tendance à la hausse ou à la baisse), une information qui n’accordera pas une importance trop grande aux fortes fluctuations passagères. En fait, plus la période de temps sur laquelle la moyenne mobile est calculée est étendue, plus la courbe est uniforme. En effet, en considérant un laps de temps plus grand, on diminue nécessairement les conséquences des fluctuations erratiques et on obtient une courbe aux formes beaucoup plus arrondies.

En revanche, une moyenne mobile est, par définition, toujours en retard par rapport à la courbe des prix, et ce retard sera d’autant plus grand que la période de temps choisie sera grande. Les utilisateurs de la méthode de la moyenne mobile ont souvent recours simultanément à la moyenne mobile de 50 jours, qui permet de déterminer une tendance à court terme, et à celle de 200 jours, qui permet d’évaluer une tendance à long terme.

Les observations qui suivent s’appuieront sur le graphique montrant l’évolution du prix de 3M Corp entre juillet 2006 et août 2007. On y voit la courbe montrant l’évolution du cours de l’action (fermeture), la moyenne mobile de 50 jours (MA50) et la moyenne mobile de 200 jours (MA200).

Nous pouvons d’abord constater que la moyenne mobile de 50 jours se situe généralement en bas de la courbe de prix en période de hausse et au-dessus de cette courbe lorsque la tendance est à la baisse. En comparant la courbe du prix et celles des moyennes mobiles pour 50 et 200 jours, il est possible de tirer les conclusions suivantes :

  • La tendance est à la hausse lorsque les deux moyennes mobiles se situent en bas de la courbe de prix et que ces deux courbes évoluent toutes deux dans la même direction. On constate une telle situation depuis mars 2007 sur le graphique de 3M Corp.
  • La tendance est à la baisse lorsque les moyennes mobiles se situent au-dessus de la courbe de prix et que ces deux courbes évoluent toutes deux dans la même direction. Un tel scénario peut être clairement observé de janvier à mars 2007 sur le graphique de 3M Corp.
  • La tendance teste une nouvelle direction lorsque la courbe de prix croise la ligne de moyenne mobile de 50 jours. Cette tendance se confirme lorsque la moyenne mobile de 200 jours est franchie. Sur le graphique de 3M Corp, nous constatons que le cours a franchi à la hausse la moyenne mobile de 50 jours au début de septembre 2006 et a traversé la moyenne mobile de 200 jours à la fin d’octobre 2006. Le titre s’est ensuite transigé à un niveau plus élevé en novembre et décembre 2006.

Vous voilà à maintenant plus familier avec ces importantes méthodes de sélection de titres que sont l’analyse fondamentale et l’analyse technique. Le quatrième article de cette série traitera d’un autre choix stratégique dans la sélection des valeurs constituant le portefeuille d’actions : le choix entre l’approche descendante et l’approche ascendante.

Dans le cadre de la série entreprise le mois dernier, nous vous présentons le deuxième de quatre articles traitant de la sélection de titres d’un portefeuille dit «à risque».

Dans la presse financière, on présente parfois les opinions de spécialistes des marchés en leur accolant l’étiquette d’adeptes de l’analyse technique ou de l’analyse fondamentale. Ce sont là les deux approches les plus répandues, et une très grande majorité des gestionnaires ont recours à l’une ou à l’autre de ces techniques. Cependant, d’autres approches existent et une bonne connaissance de ces dernières sera nécessaire pour mettre au point son propre style de gestion de portefeuille.

Une première distinction que l’on peut faire entre les méthodes de gestion du portefeuille concerne les approches qui guident la sélection des titres spécifiques et celles qui orientent la composition ou la structure du portefeuille.
Les méthodes de sélection des titres individuels peuvent être regroupées à l’intérieur de trois continuums sur lesquels le gestionnaire se fixe, après réflexion ou de façon spontanée :

  • analyse fondamentale par rapport à analyse technique ;
  • approche descendante par rapport à approche ascendante ;
  • gestion active par rapport à gestion passive.

Pour chacun de ces continuums, le gestionnaire de portefeuille peut opter pour une position extrême ou préférer un certain dosage incorporant des éléments des deux pôles du continuum. Dans la suite du présent article, nous présentons le choix entre la gestion active et la gestion passive. Les prochains articles de cette série porteront sur les deux autres méthodes de sélection que nous avons repérées.

La gestion active ou la gestion passive ?

La grande popularité des fonds d’investissement au cours des années 1990 a amené chez les investisseurs un sens critique plus développé en ce qui concerne le rendement qu’obtiennent les gestionnaires de portefeuilles. On constate, en effet, que plusieurs fonds qui exigent des frais de gestion importants sont souvent moins performants que les principaux indices boursiers. De là à conclure qu’il serait peut-être préférable de tout simplement constituer un portefeuille qui reproduirait fidèlement l’indice boursier, il n’y a qu’un pas… qu’ont allègrement franchi les défenseurs de la gestion passive de portefeuille.

La gestion active de portefeuille

Cette approche de la gestion de portefeuille consiste, en fait, à utiliser différentes méthodes, comme l’approche descendante, l’approche ascendante et l’analyse fondamentale, afin de constituer un portefeuille de placements pour lequel on vise un rendement supérieur à ce qu’il serait possible d’obtenir en se limitant à investir dans les titres qui constituent l’indice boursier (gestion passive).

En optant pour une gestion active, l’investisseur, on le sait, espère un meilleur rendement que celui de l’indice boursier, mais il s’expose également à réaliser un rendement inférieur à cette référence. Si on suppose que le rendement moyen de l’indice boursier est de 12 % à long terme, on constate, par exemple, que le professionnel de la gestion active qui parvient à obtenir un rendement de 1 % supérieur accumule, en 25 ans, un capital de 17 % supérieur à ce qu’obtient le professionnel de la gestion passive. On peut illustrer la situation autrement en disant que si le fonds géré est un REER, on parviendra à produire une rente de retraite de 17 % supérieure grâce à la gestion active. À l’inverse, si le gestionnaire ne parvient pas à égaler le rendement de l’indice et qu’il obtient, par exemple, 11 %, le capital accumulé sera de 15 % inférieur à celui qui résulterait de la gestion passive.

La gestion passive de portefeuille

Comme nous l’avons dit précédemment, cette stratégie de gestion aborde la question de façon beaucoup plus simple en se contentant de constituer un portefeuille qui suivra de près la performance de l’indice boursier. Si on considère le fait que la croissance annuelle moyenne de l’indice boursier Dow Jones, qui reflète la tendance de la Bourse de New York, a été de 16 % au cours des années 1980 et 1990, on constate que le rendement obtenu par une gestion passive peut être tout à fait respectable.

Ce type de gestion a pris une ampleur considérable ces dernières années; en grande partie grâce à la prolifération des fonds indiciels négociables en Bourse (Exchange Traded Funds). L’investisseur nord-américain a maintenant accès à des centaines de fonds de ce type qui se transigent à la Bourse de Toronto ainsi que sur les Bourses américaines (particulièrement à l’American Stock Exchange) et en Europe. L’éventail des fonds offerts est très diversifié. Par exemple, sur le marché canadien, on trouve :

  • des fonds d’actions provenant du marché global (iUnit60)
  • des fonds d’actions provenant de secteurs industriels spécifiques (iGold, iEnergy, iIT)
  • des fonds d’obligations canadiennes à durée de vie fixe (iShares Cdn Short Bonds, iShares Cdn Long Bonds)

Sur l’American Stock Exchange, on peut de plus se procurer des fonds reposant sur les indices boursiers de divers pays (iShares MSCI-France, Shares MSCI-Japan) ou sur des secteurs spécifiques de l’économie américaine (S&P Energy sector SPDR, S&P Technology sector SPDR). De nouveaux fonds de ce type sont régulièrement créés par les grandes banques, par les maisons de courtage et par les Bourses elles-mêmes.

Nous avons vu, dans cet article, un premier choix stratégique pour la sélection des titres qui composent le portefeuille de placement, celui entre la gestion active et la gestion passive. Dans le prochain article, nous traiterons de l’analyse fondamentale et de l’analyse technique.

Nous entreprenons ici une série de quatre articles consécutifs, sur les méthodes utilisées pour sélectionner les titres d’un portefeuille dit «à risque». Certaines sont d’ailleurs fort probablement déjà utilisées par les gestionnaires de vos fonds communs de placement. Bien que ces articles aient pour but de vous informer à titre d’investisseur, nous vous rappelons l’importance de faire appel aux services d’un conseiller financier qualifié avant de vous lancer seul dans la constitution d’un portefeuille d’actions.

Le premier article servira d’entrée en matière pour présenter les divers types d’actions. Le second traitera de la gestion active et de la gestion passive. Le troisième exposera l’analyse fondamentale et l’analyse technique. Enfin, le quatrième et dernier article décrira les approches ascendante et descendante. Bonne lecture !

Compte tenu de l’importance cruciale du facteur «risque» dans tout investissement ou placement, il est normal que l’investisseur s’en remette à une autre classification que celle reposant strictement sur des considérations juridiques (actions ordinaires, actions privilégiées, obligations, etc.). Nous vous proposerons ici une classification qui repose en bonne partie sur la relation entre le rendement et le risque, et qui est constituée de six types d’actions :

les actions de première qualité ou blue chips;
les actions à revenus;
les actions défensives et les actions anticycliques;
les actions cycliques;
les actions à croissance rapide;
les actions spéculatives.

Même si, de façon générale, on tentera de classer un titre dans la catégorie la plus appropriée, ce barème n’est pas tout à fait étanche, ce qui signifie que certains titres répondent à la fois aux caractéristiques de plusieurs catégories.

Les actions de première qualité ou blue chips

Les actions de première qualité, que les Anglo-Saxons désignent par l’expression blue chips, sont des actions de grandes entreprises, dotées d’un actif de plusieurs milliards de dollars. Ces entreprises connaissent depuis de nombreuses années une progression continue et constante quant aux ventes et aux profits. De plus, elles ont affiché dans le passé des versements de dividendes qui montrent une croissance régulière et qui ne laissent voir aucune interruption. Enfin, ces entreprises qui ont atteint le stade de la maturité occupent une position de force dans leur secteur d’industrie. Des compagnies comme IBM, Manuvie, la Banque Royale et McDonald’s sont des exemples.

Ce que recherche un investisseur en optant pour un titre de première qualité, ce n’est pas tant un gain en capital rapide qu’une très bonne sécurité de l’argent investi et un revenu de dividendes périodique qui augmentera au fil des ans.

Les actions à revenus

Les actions à revenus sont des actions ordinaires qui ne sont pas recher chées pour leur potentiel de gain en capital, mais pour le rendement élevé de leur dividende. Il n’est évidemment pas exclu que les prix de ces actions connaissent un mouvement à la hausse, ce qui se produit en fait lorsque les taux d’intérêt baissent, mais l’investisseur ne recherchera pas cette caractéristique en premier lieu. Le taux effectif que représente le dividende sur la valeur au marché d’une action à revenus évolue de façon constante en rela tion directe avec le niveau général des taux d’intérêt. Par exemple, en 1992, une action à revenus pouvait rapporter un dividende se situant entre 5 % et 8 % de la valeur au marché de l’action. En 2007, les actions à reve nus ont versé des dividendes dont les taux varient entre 3,5 % et 5 %. Essentiellement, le taux des dividendes a suivi la même tendance que le taux des obligations à long terme du gouvernement fédéral.

On doit, cependant, éviter de confondre l’action à revenus avec celle présen tant un risque plus élevé. En effet, lorsque le marché perçoit un risque plus important à investir dans un titre, le cours de ce dernier baissera, ce qui aura nécessairement pour effet de faire monter le taux de rendement du dividende.

Les actions ordinaires de Fortis, de Trans-Canada Pipelines et de la Banque Nationale du Canada sont des actions à revenus. On trouve dans cette catégorie les actions ordinaires des entreprises de services publics et les actions privilégiées d’entreprises ayant de bonnes assises financières.

Les actions défensives et les actions anticycliques

Les actions défensives sont des titres de sociétés dont la rentabilité est moins ou peu liée à la situation économique générale ou à la tendance générale de l’ensemble du marché boursier.

Plusieurs entreprises évoluant dans le secteur de l’alimentation, qu’elles aient des activités liées à la production ou à la distribution, bénéficient d’une certai ne protection contre les variations dans le degré d’activité économique à cause du caractère essentiel, c’est-à-dire difficilement compressible, des be soins qu’elles contribuent à satisfaire chez les consommateurs. Le secteur des services financiers cons titue un autre exemple de secteur où l’on trouve plusieurs entreprises qui parviennent à bien se maintenir en période de récession, souvent en adap tant en conséquence l’offre de services à la clientèle. À titre d’exemple d’actions défensives, mentionnons celles de la Banque Laurentienne, de l’Industrielle-Alliance et de Molson Coors.

Les actions anticycliques sont celles des entreprises dont les affaires sont plus florissantes en période de ralentissement économique qu’en temps normal. Cela pourrait être le cas, par exemple, d’une chaîne de distribution au détail de pièces d’automobiles. En période de récession, en effet, de nombreux consommateurs reportent l’achat d’une automobile neuve, ce qui augmente les possibilités pour la vente de pièces d’autos au consommateur final. Les actions d’Uni-Sélect et de Family Dollar Strores (NASDAQ) ont connu ces dernières années une évolution qui s’apparente à celle des actions anticycliques.

Les actions cycliques

Les actions cycliques sont des actions d’entreprises dont la performance fi nancière est très liée au climat économique qui prévaut. En fait, ces entreprises enregistrent des variations dans leurs chiffres d’affaires et dans leurs bénéfices beaucoup plus importantes que ce que l’on constate pour la moyenne des entreprises.

Les compagnies fabriquant des biens de consommation durables comme les automobiles et les gros appareils ménagers, sont particulièrement liées à l’évolution du cycle économique. En effet, lorsqu’un ralentissement éco nomique se pointe à l’horizon, les consommateurs auront tendance à repor ter l’achat de tels biens. Par contre, au moment de la reprise, cette réserve d’achats reportés peut avoir des répercussions très importantes sur le chiffre d’affai res des entreprises qui ont connu la disette. Il en va de même pour les fabricants de biens industriels, comme les secteurs de l’acier et de la machinerie lourde, dont les carnets de commande s’amincissent rapidement au fur et à mesure que les entreprises qui constituent leur clientèle sont touchées par un ralentissement économique.

À titre d’exemple d’actions cycliques, mentionnons celles de General Motors, d’AbitibiBowater, de Teck Cominco, de Nova Chemical et de Canadian Tire.

Les actions à croissance rapide

Les titres de croissance sont des actions ordinaires d’entreprises en pleine expansion.   Ces dernières ont connu au cours des récentes années un taux de croissance largement supérieur à celui de la moyenne des entreprises et des autres sociétés de leur secteur industriel. Il peut s’agir de compagnies à l’œuvre dans une industrie relativement récente ou encore qui ont réussi récemment une percée importante sur certains marchés en expansion. Il n’est pas rare que de telles entreprises enregistrent un taux de croissance annuel de leur béné fice supérieur à 25 %. Il arrive fréquemment qu’elles accélèrent encore davantage leur rythme d’expansion en procédant à l’acquisition d’autres entreprises du même secteur d’activité ou de secteurs connexes. L’évolution, ces dernières années, des actions de compagnies telles que Alimentation Couche-Tard, Cameco et Research in Motion illustre bien cette catégorie d’actions.

Les actions spéculatives

Les titres spéculatifs sont souvent associés aux valeurs à quelques sous, ou penny stocks, selon l’expression imagée des Anglo-Saxons. Ces dernières sont des actions dont le prix est inférieur à 1$. Un titre spéculatif repré sente généralement une action d’une entreprise qui commence ses activités dans un secteur très risqué ou dont les produits n’ont pas encore passé avec succès le test du marché, comme des produits dits avant-gardistes ou révolu tionnaires qui tentent de s’imposer. Les jeunes entreprises d’exploration minière ou pétrolière sont réputées pour émettre des titres spéculatifs, de même que les petites entreprises des secteurs de la haute technologie.

Il faut aussi inclure dans la catégorie des actions spéculatives les actions de compagnies déjà à l’oeuvre depuis plusieurs années sur des marchés plus stables, mais qui traversent néanmoins une période de difficultés financiè res dont l’issue est incertaine. Le titre spéculatif attire l’investisseur prêt à courir de grands risques pour bénéficier de gains en capital rapides.

 

La nouvelle année marque le début des « campagnes REER » des différents établissements financiers qui, jusqu’à la fin de février, vont inonder les médias imprimés et électroniques d’annonces publicitaires vantant les mérites et les avantages de leurs produits de placement et d’épargne pour vous assurer une retraite confortable.

Dès lors, il est difficile, voire impossible d’ignorer l’existence du régime enregistré d’épargne-retraite (REER) ni de douter de son utilité certaine pour mettre de l’argent de côté, à l’abri des impôts, en vue de la fin de votre vie professionnelle active. En plus de profiter d’une déduction du revenu imposable établie en fonction des cotisations versées, toute personne qui détient un REER tire avantage de revenus non imposés, à la condition cependant que l’argent versé y demeure.

Aux fins des déclarations de revenus de 2007, la date limite de cotisation à un REER est le 29 février 2008, soit le 60e jour de l’année. La cotisation maximale est égale à 18 % des revenus admissibles de 2007, jusqu’à un maximum de 19 000 $, MOINS le facteur d’équivalence (FE) pour les personnes participant à un régime de pension agréé (RPA) ou à un régime de participation différé aux bénéfices (RPDB), PLUS les droits de cotisation inutilisés et reportés. Le montant des cotisations auquel vous avez droit est indiqué dans votre avis de cotisation de l’Agence du revenu du Canada (ARC).

CONSEIL 1 – FAITES-LE EN DÉBUT D’ANNÉE… PEU IMPORTE LES MARCHÉS !

Il est possible de cotiser à un REER dès le début de l’année d’imposition en cours. La cotisation maximale permise est 20 000 $ en 2008, elle sera 21 000 $ en 2009 et 22 000 $ en 2010. Par la suite, ce plafond sera indexé annuellement.

Si vous disposez de liquidités vous permettant de cotiser à votre REER en tout début d’année, faites-le! Ne vous laissez pas distraire par les aléas des marchés financiers ni par le fait que vous n’avez pas le temps de rencontrer votre conseiller avant de faire un choix judicieux. Au besoin, optez pour un véhicule de placement à court terme, du type marché monétaire, à l’intérieur du REER. De cette façon, votre investissement croîtra immédiatement à l’abri de l’impôt. Par la suite, vous pourrez transférer votre argent vers un autre véhicule de placement à plus long terme, toujours à l’intérieur du REER. Vous pourrez alors procéder graduellement ou d’un seul coup.

CONSEIL 2 – NE PERDEZ PAS DE VUE LES RENDEMENTS !

Nous ne cesserons jamais de répéter qu’attendre la date limite permise pour cotiser est une décision malavisée et très lourde de conséquences sur le plan financier. Pourquoi? Parce que les retardataires ne profitent pas pleinement des rendements. Or, ceux-ci sont un élément très important à considérer.

Ne pas tenir compte des rendements et ne penser qu’aux seules économies d’impôt constituent la meilleure façon d’évaluer incorrectement vos placements. À titre d’exemple, le tableau ci-dessous permet d’évaluer la différence entre les revenus accumulés en raison de contributions annuelles de 19 000 $ (la cotisation maximale permise pour l’année d’imposition 2007) effectuées en début d’année, et dont les rendements annuels composés moyens sont respectivement de 6 %, 7 % et 8 %.

RENDEMENTS
Nombre d’années
dans le REER
6 %
7 %
8 %
10
265 461 $
280 888 $
297 264 $
15
468 778 $
510 873 $
557 161 $
20
740 862 $
833 438 $
939 036 $
25
1 104 971 $
1 285 853 $
1 500 134 $
30
1 592 232 $
1 920 388 $
2 324 571 $
35
2 244 296 $
2 810 356 $
3 535 941 $


CONSEIL 3 – PORTEZ ATTENTION AUX HONORAIRES DE GESTION !

Même si vous décidez de cotiser à votre REER à la toute la dernière minute, prenez le temps de vous informer des honoraires de gestion, sans quoi vous risquez de vous pénaliser. Pourquoi? Tout simplement parce que la moindre différence a des répercussions énormes sur les rendements à long terme. En effet, une simple différence de 2 % entre les frais de gestion de deux fonds communs de placement équilibrés similaires offrant des rendements comparables (p. ex. l’un exigeant des frais de gestion de 1 % et l’autre 3 %) représentera, après 35 ans, une différence de 58 % quant à l’actif accumulé (3,1 M$ contre 1,9 M$).

CONSEIL 4 – COTISEZ AU REER DE VOTRE CONJOINT !

Malgré les modifications fiscales permettant le fractionnement du revenu entre conjoints à la retraite, il peut être avantageux de cotiser au REER de votre conjoint. Si vous prévoyez que votre revenu à la retraite sera supérieur à celui que votre conjoint aura, vous devriez envisager sérieusement de cotiser à son REER! En effet, en y versant des cotisations jusqu’à concurrence du montant maximal permis auquel vous avez droit, vous bénéficierez d’une déduction identique à celle que vous auriez obtenue en cotisant à votre propre REER, et ce, sans affecter les droits de cotisation de votre conjoint.

Bien entendu, lorsque le moment sera venu d’encaisser le REER, seule la personne qui le détient sera imposée sur le montant du retrait. Si vos revenus annuels sont inférieurs, vous aurez moins d’impôts à payer.

De plus, si votre conjoint est plus jeune que vous, l’argent pourra demeurer dans son REER plus longtemps, la limite étant fixée à la fin de l’année de ses 71 ans.

CONSEIL 5 – COTISEZ MAINTENANT, DEMANDEZ LA DÉDUCTION PLUS TARD !

Beaucoup d’investisseurs l’ignorent, mais il est possible de cotiser à un REER dès le début de l’année d’imposition en cours. Fixée à 19 000 $ pour 2007, la cotisation maximale permise sera de 20 000 $ en 2008, de 21 000 $ en 2009, et de 22 000 $ en 2010. Par la suite, ce plafond sera indexé annuellement.

Si votre taux d’imposition est peu élevé (en raison d’un congé de maternité, d’un congé sabbatique, d’un retour aux études, etc.) et que vous prévoyez déclarer un revenu moindre en 2007, vous auriez intérêt à cotiser la somme maximale permise à votre REER. Pourquoi? Parce que même si vous le faites, vous ne serez pas tenue pour autant d’utiliser la déduction pour l’année d’imposition correspondante. Vous pourriez, par exemple, faire fructifier vos investissements à l’abri de l’impôt immédiatement, puis utiliser la déduction quelques années plus tard, lorsque votre taux marginal d’imposition sera vraisemblablement supérieur. Votre remboursement d’impôt n’en sera alors que plus important.

Cette façon de faire est intéressante dans la mesure où vous commencez à investir dans un REER, mais que vos revenus, quoique limités, risquent d’augmenter de façon significative dans un proche avenir. C’est notamment le cas des étudiants ou des personnes qui bénéficient d’un congé parental.

Avant de reporter une déduction REER à une année ultérieure, prenez le temps de faire faire une simulation fiscale afin de bien évaluer toutes les répercussions de votre choix. Ne vous fiez pas uniquement à votre taux d’imposition marginal pour estimer l’économie d’impôt que vous réaliseriez en cotisant à votre REER. Vous devez tenir compte également des nombreux crédits d’impôts et d’autres allégements fiscaux qui, à compter d’un certain seuil de revenu, sont restreints, voire carrément éliminés. Faire appel à l’expertise d’un professionnel serait donc une sage décision.

CONSEIL 6 – UTILISEZ TOUS VOS DROITS DE COTISATION !

Si vous êtes de ceux qui n’ont pas versé les cotisations maximales autorisées à leur REER depuis 1991, vous devez savoir que vous pouvez ajouter une somme correspondant à vos droits de cotisation inutilisés. Pour la connaître, consultez votre avis de cotisation de l’Agence du revenu du Canada.

CONSEIL 7 – CONSTITUEZ-VOUS UN « COUSSIN » !

En terminant, sachez qu’il est également permis de cotiser jusqu’à 2 000 $ en sus des cotisations mentionnées précédemment, sans pénalité. Bien qu’il ne soit pas déductible dans l’année, ce « coussin » produit des revenus à l’abri de l’impôt, tant et aussi longtemps que la somme investie demeure dans votre REER. Quant à la cotisation, elle devra être déduite de votre revenu au cours d’une année à venir, au plus tard la dernière pour laquelle vous disposerez de droits de cotisation.

Vous désirez obtenir de plus amples renseignements sur le REER ou sur d’autres produits et services financiers? Communiquez avec nos professionnels. Ils se feront un plaisir de vous aider.

Vous pratiquez en société?

Comme pour tous les travailleurs qui ne participent pas à un régime de pension agréé, si votre pratique médicale se fait dans le cadre d’une société, et que vous souhaitez pouvoir cotiser au maximum à votre REER en 2009 (21 000 $), vous devrez prévoir vous verser un SALAIRE (revenu gagné admissible) de 116,667 $ en 2008 (116,667 $ x 18 % = 21 000 $)

 

Tout au long de l’année 2007, la société Les Fonds d’investissement FMOQ inc. a publié une chronique financière dans chaque numéro du Médecin du Québec. Nous vous invitons à prendre quelques instants pour répondre aux questions qui suivent. Toutes les réponses ont été données dans un article de notre chronique en cours d’année.

Q : Quelles sont les sommes maximales permises à titre de cotisations au REER
pour les années d’imposition suivantes:


Année 2007 : a) 10 000 $ b) 19 000 $ c) 16 500 $
Année 2008 : a) 11 000 $ b) 20 000 $ c) 19 000 $


R : Pour l’année 2007, 19 000 $ et pour l’année 2008, 20 000 $ (janvier 2007).


Q : Concernant le prix du pétrole, pouvez-vous associer les années suivantes aux 
événements qui ont eu cours?


1998-1999
2000
2001-2002
2003

La crise asiatique
La récession mondiale
Le boom
La reprise économique


R : 1998-1999 = la crise asiatique
2000 = le BOOM
2001-2002 = la récession mondiale
2003 = la reprise économique 
(Juin 2007).


Q : Lequel des énoncés suivants concerne le calcul du rapport cours/bénéfice ?

a) Le dividende annuel par action divisé par le cours du marché de l’action
b) Le cours d’une action ordinaire divisé par le bénéfice par action
c) Le bénéfice net moins les dividendes privilégiés divisé par le nombre d’actions ordinaires émises et en circulation


R : b (août 2007)


Q :

À combien s’élève le plafond cumulatif des subventions fédérales accordées dans un régime enregistré d’épargne-études ?

a) 4 000 $
b) 7 200 $
c) Aucun plafond cumulatif


R : b) Le plafond cumulatif s’élève à 7 200 $ par bénéficiaire (septembre 2007).


Q : Sur la première tranche de 2 500 $ cotisés annuellement dans un REEE, quel pourcentage le Gouvernement du Québec accorde-t-il à titre de subvention ?

a) 5 %
b) 15 %
c) 10 %


R : c) La subvention est établie à 10 % des premiers 2 500 $ cotisés annuellement au régime d’un bénéficiaire (septembre 2007).


Q : Considérant qu’un investisseur est imposé au taux marginal le plus élevé (48,2 %), à combien sont imposés ses revenus de placement :

sous forme d’intérêts : a) 50 % b) 48,2 % c) 45 %

sous forme de dividendes : a) 48,2 % b) 35 % c) 29,7 %


R : Sous forme d’intérêts, le taux d’imposition d’un revenu est 48,2 % alors que sous forme de dividendes, le taux d’imposition est 29,7 %. (novembre 2007)

Toute l’équipe de la société vous souhaite de joyeuses fêtes !

Bon nombre d’investisseurs en ont mare des rendements de 4 à 5 % offerts présentement par les titres à revenu fixe et salivent rien qu’à l’idée d’obtenir 10 % par année. Lorsque ces derniers découvrent que les fonds de dividendes d’actions canadiennes ont procuré en moyenne (en date de septembre 2007) une performance annuelle de 14,8 % en 5 ans, de 10,3 % en 10 ans et de 11,9 % en 15 ans, ils sont estomaqués.

Est-ce trop beau pour être vrai ? Bien sûr que non, car les dividendes sont synonymes de profitabilité. Pourquoi ? Parce que les actionnaires détiennent les droits de propriété de l’entreprise et en partagent ainsi les succès et les revers. Alors, lorsqu’une société réussit à rentabiliser ses opérations, son premier réflexe sera généralement de chouchouter ses porteurs de parts en leur versant des dividendes.

La générosité des entreprises dans la distribution de cette gratification dépend en premier lieu de ses propres besoins. Dans le cas de sociétés parvenues à un stade de maturité, c’est-à-dire les Blue Chips, une grande partie du bénéfice sera versée en dividendes. Par contre, si les entreprises sont jeunes et en pleine croissance, l’essentiel des profits pourrait servir à en financer l’essor.

Le pourcentage du bénéfice net versé en dividendes varie donc énormément d’une entreprise à l’autre. Toutefois, une chose est certaine, un rendement en dividendes élevé (montant des dividendes/cours de l’action) caractérise généralement une entreprise rentable, bien établie et solide. Au Canada, les sociétés les plus généreuses avec leurs actionnaires évoluent dans les services financiers, les télécommunications et les services publics. Il s’agit donc de placements assez conservateurs qu’un investisseur peut détenir à long terme.

Une autre caractéristique non négligeable est que l’accroissement des dividendes est de nature à provoquer une montée du prix de l’action. La politique de versement de dividendes est donc un facteur clé influençant la valeur d’une entreprise. Ainsi, certaines sociétés, telles que Power Corporation, Banque Royale et Banque Nationale, se sont taillées une réputation appréciable auprès des investisseurs en raison de la constance avec laquelle le flot de dividendes s’est accru ces dernières années.

Dans l’ensemble, cependant, le rendement en dividendes a fléchi au fil des ans au Canada. De 1960 à 1998, le dividende annuel moyen de l’indice phare canadien s’est établi à 3,4 %, révèle l’étude Évolution récente des marchés d’actions et ses conséquences, publiée par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Mais le taux a reculé depuis et s’élevait à 2,44 % le 30 mars dernier. Ce repli s’explique en grande partie par le fait que de plus en plus d’entreprises augmentent la valeur de leurs actions (et avantagent les actionnaires) en rachetant les titres en circulation à même leurs bénéfices.

Une dernière particularité des dividendes est que leur traitement fiscal est avantageux. En effet, le taux maximal d’imposition des dividendes versés par les sociétés ouvertes s’élève actuellement à 29,7 % au Québec, comparativement à 48,2 % pour les revenus d’intérêt. C’est donc un placement encore plus intéressant  lorsqu’il ne fait pas partie d’un REER.

Choisir avec doigté

Avec un tel profil, pas étonnant que les fonds de dividendes soient en vogue. Leur popularité s’appuie sur les qualités suivantes : constance des rendements, limitation du risque, régularité des revenus et fiscalité avantageuse des dividendes et du gain en capital.

Le risque qui guette cependant les investisseurs est d’être ébahis par ces qualités et, conséquemment, ne pas sélectionner ces fonds diligemment. Pourquoi est-ce important de bien choisir? Parce que cette catégorie de fonds englobe des portefeuilles très différents les uns des autres, puisque l’actif peut être canalisé dans les actions ordinaires, les actions privilégiées, les parts de fiducies de revenu ou les obligations corporatives.

Les composantes clés de ces fonds sont bien entendu les actions ordinaires et privilégiées. Qu’est-ce à dire? Les actions privilégiées sont une action de type particulier qui rapporte un montant fixe de dividendes, puisé à même les profits de l’entreprise. Leur nom signale qu’elles ont priorité sur les actions ordinaires en ce qui concerne le paiement des dividendes. Elles sont en quelque sorte un titre hybride, plus sécuritaire que les actions ordinaires, mais plus risqué que les obligations corporatives.

Bien que les gestionnaires de fonds de dividendes mettent l’emphase sur ces titres, il y a un hic, et il est de taille : les actions ordinaires munies de dividendes élevés et les actions privilégiées sont souvent émises par les mêmes entreprises canadiennes. Par conséquent, les fonds pourraient dépendre d’un nombre restreint d’émetteurs. Pour contourner ce problème, les gestionnaires font normalement appel aux parts de fiducies de revenu et aux obligations de sociétés (corporate bonds).

Jusqu’à tout récemment, les fonds de dividendes fortement investis dans les fiducies de revenu brillaient avec éclat. Étant donné l’avantage fiscal dont jouissent ces fiducies, tous les projecteurs étaient tournés vers elles. Seulement voilà, le gouvernement fédéral a modifié les règles fiscales en novembre 2006 de manière à ce que l’imposition des distributions des fiducies de revenu devienne semblable à celle des dividendes d’ici la fin de 2011. Cette décision, visant à décourager les sociétés ouvertes de se convertir en fiducies de revenu, n’a pas manqué de jeter une douche froide sur la valeur de ces unités et sur le rendement des fonds qui y sont exposés.

Au reste, les obligations d’entreprises constituent le placement le moins avantageux à l’extérieur du REER, car les revenus d’intérêt sont imposables à 100 %. Il faut noter que les obligations ont tout de même l’avantage d’accroître la stabilité du fonds, tout comme les actions privilégiées.

En comprenant mieux les fonds de dividendes, un investisseur peut donc maximiser les avantages qu’il en tire. Il faut aussi noter que les fonds de revenu mensuel, parfois aussi appelés fonds diversifiés, ont fait leur apparition depuis quelques années et sont composés des quatre mêmes classes d’actifs. Ils méritent aussi notre attention.

Dans la chronique du mois dernier, nous avons abordé les plus récentes modifications apportées au régime enregistré d’épargne-études (REEE).

Même si le gouvernement fédéral n’a pas jugé bon de hausser la limite à vie de la subvention de 7 200 $ à laquelle un bénéficiaire a droit, le régime a été bonifié, car la subvention est dorénavant accordée sur les premiers 2 500 $ de capital investi par enfant, comparativement à 2 000 $ avant le 1er janvier 2007. La subvention annuelle passe ainsi de 400 $ à 500 $. De plus, le gouvernement du Québec ajoute dorénavant une subvention de 250 $ pour toute cotisation annuelle de 2 500 $.

Les autres améliorations apportées au régime sont :

  • l’abolition de la limite de cotisation annuelle de 4 000 $;
  • l’augmentation de la limite de cotisation à vie, de 42 000 $ à 50 000 $.

Ces deux éléments peuvent modifier d’une manière significative la façon d’accumuler de l’épargne pour les études des enfants.

En effet, dorénavant, des parents ou des grands-parents peuvent, à la naissance de leur enfant ou petit enfant, cotiser d’un seul coup jusqu’à 50 000 $ dans un REEE. Ce faisant, ils peuvent toucher une seule subvention, tout en faisant croître longtemps les revenus à l’abri de l’impôt.

En pratique, une cotisation de 50 000 $ dans un REEE pourrait croître jusqu’à 183 358 $1après 18 ans, comparativement à 116 447 $2 dans un compte non enregistré. L’écart de 66 911 $ provient presque exclusivement du fait que, dans le REEE, les rendements profitent à l’abri de l’impôt.

Par contre, si un souscripteur investissait plutôt 2 500 $ par année dans un REEE afin de toucher toutes les subventions auxquelles il aurait droit, tout en laissant le reste de son capital de 50 000 $ croître dans un compte non enregistré, son portefeuille (REEE et non enregistré) atteindrait 164 981 $2.

De fait, le scénario idéal se situe entre les deux précédents, car il est préférable de placer rapidement un bon montant à l’abri de l’impôt (même si l’on se prive des subventions gouvernementals futures). Voici un exemple :

  • cotiser 30 000 $ à un REEE la première année; et
  • placer 20 000 $ dans un compte non enregistré, duquel serait retiré annuellement un montant de 2 500 $ qui serait transféré au REEE, pendant une période de 8 ans.

En agissant ainsi, vous toucherez seulement 6 750 $ de subventions (500 $ X 9 et 250 $ X 9) alors que le maximum est 10 800 $ (7 200 $ au fédéral et 3 600 $ au provincial). Cependant, le portefeuille accumulé atteindra 189 647 $.

1 Rendement projeté de 7 %
2 Rendement projeté de 7 % et taux moyen d’imposition des rendements de 35 %

Le régime enregistré d’épargne-études (REEE) permet de faire fructifier des épargnes, à l’abri de l’impôt, jusqu’à ce que l’enfant que l’on veut aider (le bénéficiaire) s’inscrive à un programme d’études postsecondaires.

Pour encourager les contribuables à économiser, le gouvernement du Canada verse une subvention (la Subvention canadienne pour l’épargne-études ou SCEE), directement dans le REEE dont l’enfant est bénéficiaire.

Dans son dernier budget, le gouvernement du Canada a adopté des mesures destinées à« rehausser l’attrait des REEE », soit :

  1. l’élimination du plafond des cotisations annuelles de 4 000 $;
  2. l’augmentation du plafond cumulatif des cotisations de 42 000 $ à 50 000 $;
  3. la hausse du montant maximal annuel de la Subvention canadienne pour l’épargne-études de 400 $ à 500 $.

En pratique, ces trois mesures signifient que :

  1. la cotisation maximale de 4 000 $, par année et par bénéficiaire, n’existe plus;
  2. pour toute la durée du régime, la limite cumulative des cotisations est désormais de 50 000 $;
  3. la subvention de 20 % s’applique dorénavant à la première tranche de     2 500 $ des cotisations annuelles, pour un total de 500 $.

Il est à noter :

  • que le plafond cumulatif de subvention au régime (7 200 $ au total, par bénéficiaire) demeure le même; en conséquence, quatorze cotisations de 2 500 $ et une quinzième cotisation de 1 000 $ permettront d’atteindre ce montant limite (14 x 500 $ + 1 x 200 $ = 7 200$);
  • qu’il est toujours possible de récupérer une année de retard de subvention à la fois. Ainsi, une cotisation de 5 000 $ permettra d’obtenir 1 000 $ de subvention, si l’enfant n’a pas touché toutes les subventions auxquelles il a droit depuis sa naissance.

Le paiement d’aide aux études (PAE)

Le paiement d’aide aux études (PAE) est un montant qui provient d’un REEE et qui est versé pour aider un bénéficiaire à payer le coût de ses études postsecondaires. Constitué des subventions et des revenus accumulés au fil des ans, ce paiement ne comprend pas les cotisations du souscripteur.

Pour un étudiant à temps plein, le PAE est limité à 5 000 $ pour la première session de cégep alors qu’il est sans limite par la suite.

Depuis le dernier budget fédéral, un étudiant à temps partiel peut aussi recevoir un PAE, qui est toutefois limité à 2 500 $ par session.

  AVANT
le 1er janvier 2007
APRÈS
le 1er janvier 2007
Plafond de la cotisation (par année) 4 000 $ Aucun
Plafond de la cotisation (à vie) 42 000 $ 50 000 $
Plafond de la subvention (à vie) 7 200 $ 7 200 $
Limite de la subvention annuelle
(en l’absence de retard)
400 $
(20 % de 2 000 $)
500 $
(20 % de 2 500 $)
Limite de la subvention annuelle
(en cas de retard)
800 $
(20 % de 4 000 $)
1 000 $
(20 % de 5 000 $)
Admissibilité aux PAE Étudiants
à temps plein
seulement
Étudiants
à temps plein
ou à temps partiel(certaines restrictions s’appliquent)

Subvention du gouvernement du Québec

Dans son dernier budget, le gouvernement du Québec a annoncé qu’il ajoutera 10 % sur les premiers 2 500 $ cotisés annuellement dans ce régime.

Dans la prochaine chronique, nous verrons comment l’abolition de la limite de la cotisation annuelle de même que l’augmentation de la limite de cotisation à vie pourront influencer positivement le régime.

Les marchés boursiers ne sont pas pour les âmes sensibles…

À la Bourse, les gens constatent, souvent avec un brin d’ironie, qu’ils peuvent acheter une action seulement si quelqu’un est prêt à vendre. Autrement dit, la transaction n’est possible que si deux opinions contraires se rencontrent. Ainsi, pendant que l’analyse des uns les pousse à choisir un titre, l’analyse des autres doit les inciter à s’en départir.

Comment expliquer cette contradiction ? Simplement par le fait qu’il n’existe pas de recette magique ou de formule toute faite pouvant nous aider à savoir quand acheter un titre boursier. C’est toujours du cas par cas. Et il ne faut surtout pas se fier aux apparences, mais plutôt gratter en profondeur.

Dans ce contexte, la meilleure façon de rester au-dessus de la mêlée est de voir venir les choses. Voilà pourquoi les analystes scrutent les données financières des entreprises, et tout le tralala, afin de déterminer la valeur des actions.

Mais ce n’est pas une mince affaire. Prenons, par exemple, le ratio cours/bénéfice (C/B). Facile à calculer, ce ratio s’obtient en divisant le cours d’une action ordinaire par le bénéfice par action de l’entreprise. Ainsi, si le titre se négocie à 30 $ et le bénéfice par action est de 1 $, le ratio cours/bénéfice sera de 30. En théorie, plus ce multiple est bas, plus l’action ordinaire est une aubaine. Mais, dans les faits, cette analyse est un peu plus complexe.

Préciser le point de chute

Pour déterminer si une action est chère ou non, il faut un point de repère. De ce raisonnement logique découle le concept de la juste valeur marchande, qu’on définit comme étant le prix le plus élevé qu’il serait raisonnable d’attendre pour vendre une action, suivant la méthode habituellement applicable et le cours normal des affaires, sur un marché qui n’est pas soumis à des tensions indues.

En ayant à l’esprit cette définition, cette juste valeur nécessitera-t-elle un ratio C/B de 10 ou de 25 ? La réponse varie d’un secteur d’activité à l’autre. Par exemple, dans l’alimentation, où les marges de profit sont réduites, la réduction des coûts améliorera la valeur d’une entreprise. Dans les biotechnologies, on s’intéressera aux efforts de  recherche et développement.

Normalement, une entreprise cyclique sera affublée d’un ratio C/B plus faible (surtout quand les profits atteignent un sommet). À l’inverse, une entreprise qui entraîne beaucoup de liquidités et qui est en forte croissance (ex.: eBay et Google) méritera un ratio C/B plus élevé.

L’investisseur doit donc acheter en toute connaissance de cause, et faire preuve de jugement. Il doit comprendre la nature intrinsèque de l’entreprise évaluée et avoir une idée de ses perspectives à long terme (cinq ans et plus). Il doit donc se méfier du bénéfice déclaré, car ce dernier ne reflète pas tout le temps la réalité. Ce chiffre ne doit absolument pas être pris à la lettre, mais plutôt être décortiqué afin de déterminer la réelle capacité bénéficiaire des entreprises. Par exemple, les dépenses extraordinaires peuvent réduire le bénéfice d’un trimestre donné, bien qu’elles risquent fort de ne pas se répéter dans l’avenir.

Considérer le taux sans risque

Un autre élément qu’il faut absolument prendre en compte est l’environnement qui prévaut lors de l’achat. Intuitivement, avant de prendre un risque, il est toujours préférable de considérer le gain que l’on peut faire sans se mouiller.

Prenons, par exemple, le ratio cours/bénéfice de l’indice S&P/TSX qui était de 16,65 en  avril 2007. Selon le modèle de la Fed, popularisé en 1997, ce ratio équivaut à un taux d’intérêt de 6 % (1/16,65 x 100), un résultat nettement supérieur au rendement des titres à revenu fixe, soit 4,16 % (obligations canadiennes de 5 à10 ans) au même moment. Ce résultat indique clairement que la Bourse peut encore s’apprécier.

Le même raisonnement s’applique aux titres individuels, avec la différence que le taux de croissance du bénéfice peut influencer la juste valeur de l’action. Il est donc important de déterminer si l’entreprise progresse plus ou moins rapidement que l’ensemble du  marché. Celle-ci méritera un multiple plus élevé si son rythme de croisière est plus rapide que celui des autres entreprises.

En reprenant l’exemple précédent, il est possible d’évaluer que le multiple maximal du marché canadien serait de 24 (1/24 x 100 = 4,16 %) dans l’environnement actuel. Sachant que la croissance boursière historique de ce marché tourne autour de 8 %, on pourrait très bien tolérer un multiple plus élevé lorsque le bénéfice d’une entreprise croît à 16 %. Logiquement, si un multiple de 24 est acceptable avec une perspective de croissance de 8 %, un multiple de 48 pourrait très bien s’appliquer à un taux de 24 %.

Bien entendu, dès qu’il y a un changement dans la direction des taux à long terme ou de la croissance de l’entreprise, cette analyse prend une autre dimension. Afin de se protéger contre ce risque, il est toujours préférable de calculer une marge de sécurité. C’est pourquoi un multiple de 17 sera préférable à 24, malgré les taux d’intérêt actuels. Et ce multiple permettra de déterminer la juste valeur des entreprises.

Savoir si le passé a de l’avenir

Dans la pratique, on constate que même en analysant en profondeur le ratio cours/bénéfice, il est souvent difficile de faire un choix précis. Certains investisseurs, par exemple, sélectionneront les titres sur la base de leur valeur passée selon le concept de retour à la moyenne. Ils observeront la performance relative historique d’un titre par rapport au marché afin de connaître la direction qu’il prendra. En termes simples, ils tenteront de dénicher des titres qui se négocient en dessous de leur valeur moyenne historique dans l’espoir que ceux-ci reviendront à leur juste valeur.

D’autres investisseurs estiment qu’il ne faut pas seulement se fier au passé et s’intéressent à l’évolution future de l’entreprise. Ainsi, une baisse soudaine du ratio C/B d’une entreprise en bonne santé financière peut indiquer que le marché s’attend à une détérioration de son bilan prochainement. À l’inverse, un multiple subitement plus élevé peut dénoter qu’une hausse du bénéfice déclaré est attendue. Il est cependant important de comprendre que la croissance anticipée du bénéfice n’est qu’une hypothèse.

Bref, personne n’a la science infuse. Mais, une chose est certaine, pour être en position de force dans le marché boursier, un investisseur doit être capable de déterminer si le prix d’une action est raisonnable ou non.

Évolution du ratio cours/bénéfice du marché boursier canadien (S&P/TSX)

Période Ratio C/B
1960-69 17,4
1970-79 11,6
1980-89 14,3
1990-97 42,9
Juin 2000 30
Avril 2007 16,65

Source : OCDE, Bloomberg et Bourse de Toronto

Article de Monsieur Claude Picher paru le 12 septembre 2006 dans La Presse, section Affaires, sous-section La vie économique. Reproduction autorisée, Tous droits réservés.

Nouveau record pour la liberté économique

Partout sur la planète, la liberté économique a fait des progrès spectaculaires au cours des deux dernières décennies. En fait, depuis 1980, la liberté économique a progressé dans tous les pays du monde sauf quatre (Birmanie, Congo, Venezuela et Zimbabwe). On peut donc affirmer que jamais, dans l’histoire de l’humanité, le niveau de liberté économique n’a été aussi élevé.

C’est ce qu’indique le plus récent relevé annuel sur la question, publié simultanément la semaine dernière par 72 organismes de recherche économique dans le monde. Au Canada, c’est l’Institut Fraser qui est responsable de la publication 1.

La liberté économique correspond à la facilité, pour les particuliers et les entreprises, d’investir et de profiter de leurs rendements avec un minimum de contraintes.

Les auteurs du document mesurent le niveau de liberté économique de 130 pays, selon une grille comportant 38 critères: entraves bureaucratiques, intégrité du système judiciaire et impartialité des tribunaux, solidité du système financier, taux d’inflation, convertibilité des monnaies, tarifs douaniers et barrières non tarifaires, contraintes bureaucratiques, solidité des institutions financières, protection de la propriété intellectuelle, poids de l’État dans l’économie, entre autres.

Le tout est ensuite reporté sur une échelle de 1 à 10. Plus le score est élevé, plus le niveau de liberté économique l’est aussi.

Le classement publié la semaine dernière fournit les chiffres de 2004, dernière année pour laquelle toutes les données sont disponibles.

Le Canada, avec une huitième place, fait partie du peloton de tête. En soi, ce n’est pas une grande nouvelle. Année après année, le Canada se classe parmi les 10 pays où la liberté économique est la plus avancée. Ainsi, l’an dernier, il se classait au sixième rang, l’année d’avant, au septième, 20 ans plus tôt, au neuvième.

Plutôt que le rang au classement général, il faut surtout considérer le pointage, sur l’échelle de 1 à 10 dont nous venons de parler. Aucun pays ne parvient à afficher un score parfait de 10. La première place revient à Hong Kong (considéré pour les fins de l’étude comme une entité séparée de la Chine), avec une note de 8,7 points. Le Canada, avec huit points, s’en tire fort honorablement, d’autant plus qu’il n’obtenait que sept points il y a 20 ans. Si son rang au classement ne bouge pas beaucoup malgré l’amélioration de son score, c’est que le niveau de liberté économique augmente aussi ailleurs dans le monde. Ce que ces chiffres nous disent, c’est que le Canada est capable de s’adapter aux changements, et qu’il demeure un concurrent sérieux sur la scène internationale.

Outre Hong Kong et le Canada, les 10 pays offrant le plus de liberté économique sont Singapour, la Nouvelle-Zélande, la Suisse, les États-Unis, l’Irlande, le Royaume-Uni, l’Islande et le Luxembourg. À l’inverse, les pires pays sont le Rwanda, le Burundi, l’Algérie, la Guinée-Bissau, le Venezuela, les deux Congos, la Birmanie et le Zimbabwe.

L’étude ne fournit pas de chiffres pour les administrations subalternes, comme les États américains ou les provinces canadiennes, pour la bonne raison que de nombreux critères, comme les tarifs douaniers ou la politique monétaire, relèvent des administrations centrales. Comme le Québec est plus taxé et plus bureaucratisé que les autres provinces, on peut raisonnablement présumer que le niveau de liberté économique y est sensiblement inférieur à la moyenne canadienne.

Comme la notion de liberté économique suppose l’élimination des contraintes, on pourrait penser que plus son niveau est élevé, plus on s’approche du capitalisme sauvage.

Sur papier, l’idée se défend: la liberté économique absolue signifie l’élimination des administrations publiques. Dans la vraie vie, c’est une tout autre histoire, parce que les gouvernements, même s’ils interviennent moins dans l’économie, continuent de jouer leur rôle d’encadrement et de réglementation, de construire des infrastructures, d’administrer des programmes sociaux, de fournir des services de sécurité, de santé, d’éducation, entre autres. Évidemment, plus une société est prospère, plus elle peut s’offrir des services publics de qualité.

Il suffit d’ailleurs de jeter un coup d’oeil sur les principaux indicateurs de niveau de vie pour voir que celui-ci augmente avec le niveau de liberté économique.

Dans les pays où il existe le plus de contraintes économiques, 19,3 % des enfants âgés de 10 à 14 ans travaillent à l’extérieur, souvent dans des conditions misérables; dans les pays où la liberté économique est la plus avancée, cette proportion baisse à 0,3 %.

L’espérance de vie à la naissance est de 55 ans dans les pays où il y a peu de liberté économique, comparativement à 78 ans dans les pays où il y en a beaucoup. Le taux de mortalité infantile est de 72,4 décès pour 1000 naissances dans le premier cas, de 5,9 dans le deuxième.

La liberté économique ne signifie pas la liberté de polluer. Deux organismes reconnus, le Center for Environmental Law & Policy, rattaché à l’Université Yale, et le Center for International Earth Science Information Network, rattaché à l’Université Columbia, ont mis sur pied un indice de  » performance environnementale « , où chaque pays reçoit une note (sur un total possible de 100) mesurant l’efficacité de sa lutte contre la pollution. Plus la note est élevée, mieux c’est. Les pays offrant le plus de liberté économique récoltent 81 %; ceux où la liberté économique est la moins avancée ne font que 58 %.

De la même façon, le niveau de corruption, tel que mesuré par Transparence International, diminue en même temps que la liberté économique augmente.

On pourrait multiplier les exemples. Ainsi, sur le plan économique, il n’est pas exagéré de parler de fossé. Le revenu par habitant, dans les pays où il existe peu de contraintes économiques, se situe à 24 402 $US par année. Dans les pays où les contraintes sont les plus élevées, il atteint seulement 2998 $US. Ces deux montants sont exprimés en parité de pouvoir d’achat.

Entre 1990 et 2003, le revenu réel par habitant a augmenté en moyenne de 2,1 % par année dans les pays les plus libres, et il a régressé de 0,2 % par année dans les pays les plus contraignants. Enfin, le taux de chômage se situe à 5,9 % dans le premier groupe et à 12,7 % dans le deuxième.

Tous ces chiffres nous amènent assez loin du capitalisme sauvage !