/  30 septembre 2023

Survol des marchés financiers | Fiera Capital – Septembre 2023

Contexte économique

Au cours des derniers mois, la croissance économique mondiale a démontré des signes de faiblesse. L’effet des hausses de taux sur l’activité économique est notable sur l’ensemble de la planète, mais l’ampleur des ralentissements est inégale d’un pays à l’autre. Les indices PMI, basés sur des sondages auprès des entreprises, indiquent généralement une contraction du secteur manufacturier et une stagnation du secteur des services.

Aux États-Unis, la croissance économique demeure beaucoup plus vigoureuse qu’ailleurs (au sein du G7, seul le Japon connaît une croissance plus forte). Grâce aux différentes mesures mises de l’avant par l’administration Biden, on observe une forte hausse des investissements pour la construction de nouvelles usines. Ces investissements sont concentrés dans les industries liées aux technologies. Sur le marché de l’emploi, on constate un meilleur équilibre. La création d’emplois se poursuit à un rythme modéré.

Au Canada, le cycle de resserrement monétaire a commencé un peu plus tôt qu’ailleurs et les effets sur l’activité économique sont plus importants. En conséquence, l’économie canadienne s’est resserrée de 0,2 % au printemps. Malgré cette contraction du PIB, l’inflation demeure bien présente. Le taux annuel d’inflation, mesuré par l’indice des prix à la consommation, a d’ailleurs remonté en juillet et août. Il s’établit maintenant à 4 %. La hausse des prix des aliments et de l’énergie demeure élevée, ce qui affecte la confiance des consommateurs canadiens.

Depuis le début de 2023, on comptait sur la croissance de l’économie chinoise pour insuffler un peu de dynamisme à l’économie mondiale. Or, les prévisions des économistes n’ont pas été atteintes. En Chine, la confiance des consommateurs et des entreprises est plutôt faible. Le secteur immobilier est pour le moins chancelant. Les ventes de nouvelles maisons ont reculé de près de 50 % depuis leur sommet d’avril 2021. Le secteur manufacturier est en contraction, affecté par la baisse de la demande mondiale pour les produits chinois exportés. Devant cet état de fait, le gouvernement chinois s’est engagé à instaurer de nouvelles mesures pour accroître la confiance, stimuler la consommation et appuyer les entreprises privées.

Quant aux indicateurs économiques européens, ils pointent eux aussi vers le bas. L’indice PMI composé affichait dernièrement son plus bas niveau depuis novembre 2022. Après un ralentissement du secteur manufacturier, on observe maintenant un ralentissement du secteur des services, et ce, malgré une bonne saison touristique. En Allemagne, la confiance des entreprises du secteur manufacturier est particulièrement faible. Cette faiblesse s’observe notamment dans les sociétés automobiles et pharmaceutiques. Depuis le début de 2023, l’économie allemande, moteur de la zone euro, fait du surplace. La croissance s’est un peu mieux portée au Royaume-Uni, mais l’inflation y est encore l’une des plus élevées parmi les économies développées.

Dans ce contexte, les banques centrales ont poursuivi les hausses de taux afin d’endiguer l’inflation. Elles sont bien conscientes que ces hausses risquent de provoquer des récessions, mais elles maintiennent le cap.

Le ralentissement de l’économie mondiale a affecté les prix des métaux industriels. En revanche, durant le troisième trimestre, le prix du pétrole a progressé. Cela s’explique par les décisions des pays producteurs de limiter l’offre mondiale de pétrole. Ainsi, malgré la baisse de la demande mondiale, son prix a grimpé de plus de 25 % durant le trimestre.

Politique monétaire et titres à revenu fixe

Lors de sa réunion du 12 juillet dernier, la Banque du Canada a procédé à une hausse de 0,25 % du taux directeur pour le porter à 5 %. Puis, en septembre, elle a décidé de maintenir le taux à ce niveau. Cette nouvelle pause dans le cycle de hausses de taux a été dictée par la faiblesse récente de l’économie canadienne. Le ralentissement de notre économie est partiellement attribuable aux feux de forêt et à certains conflits de travail. Il est également causé par des facteurs plus permanents comme le ralentissement des mises en chantier et l’élimination de l’épargne excédentaire des consommateurs. Bien que l’inflation demeure élevée, la Banque du Canada pourrait maintenir le taux directeur au niveau actuel. Cela permettrait à l’économie d’effectuer un atterrissage en douceur plutôt que de traverser une douloureuse récession.

Aux États-Unis, la Réserve fédérale (la Fed) a, elle aussi, haussé le taux directeur de 0,25 % en juillet. Le 20 septembre, elle a opté pour le maintien du taux directeur. La Fed demeure préoccupée par l’inflation. Elle souhaite cependant laisser le temps faire son œuvre puisque la politique monétaire affecte l’activité économique avec un certain décalage. L’économie américaine demeure toutefois vigoureuse et la création d’emploi élevée. C’est pourquoi la Fed envisage une autre hausse du taux directeur d’ici la fin de 2023.

La Banque centrale européenne (BCE) a haussé son taux directeur à deux reprises pour un total de 0,5 %. La hausse de septembre ne faisait pas consensus. La décision de la BCE était motivée par la persistance de l’inflation qui demeure sensiblement plus élevée qu’en Amérique du Nord. Selon le Conseil des gouverneurs de la BCE, maintenir les taux d’intérêt au niveau actuel pour une période suffisamment longue devrait être suffisant pour ramener le taux d’inflation au niveau cible. Notons, par ailleurs, que la forte baisse du taux d’inflation au cours de l’été a incité la Banque d’Angleterre à prendre une pause dans ses hausses de taux directeur. En début d’année, le taux d’inflation au Royaume-Uni dépassait largement celui des autres pays du G7.

Dans ce contexte, les taux des obligations de courtes échéances ont peu varié durant le troisième trimestre. Alors que les taux des obligations de plus longues échéances ont sensiblement augmenté. Cette hausse peut être attribuée à la persistance de l’inflation et à la perspective d’un retour plus lent au taux d’inflation ciblé par les banques centrales, soit entre 1 % et 3 %. Le ralentissement de l’économie canadienne a légèrement creusé l’écart entre les taux des obligations de sociétés et des titres gouvernementaux.

Marchés boursiers

Le troisième trimestre fut décevant sur les marchés boursiers. Après un mois de juillet marqué par la hausse des indices mondiaux, les marchés boursiers ont perdu du terrain en août et septembre. La plupart des indices boursiers terminent donc le trimestre en baisse.

Pour comprendre la piètre performance des marchés boursiers, il faut se rappeler que les marchés ont fortement augmenté durant la première moitié de 2023. L’optimisme des investisseurs, soutenu par la perspective d’un atterrissage en douceur de l’économie, a fait place à davantage de réalisme concernant les prévisions de taux d’intérêt. La Fed a clairement indiqué qu’une autre hausse de taux directeur pourrait être nécessaire. Les taux devront être maintenus plus longtemps à un niveau élevé. Cette perspective a tempéré l’ardeur des investisseurs boursiers et provoqué un net recul des marchés en août et septembre.

Par ailleurs, les titres de technologie ont connu une très forte croissance en première moitié de 2023, poussés par l’engouement des investisseurs pour l’intelligence artificielle. Cette vague a connu un certain ressac au cours du troisième trimestre. Malgré ce recul, l’indice NASDAQ, qui inclut une forte proportion de titres technologiques, affiche toujours une croissance d’environ 25 % depuis le début de 2023.

Le marché boursier canadien a connu un troisième trimestre en montagnes russes. L’humeur des investisseurs canadiens est sujette au ralentissement de l’économie et à la perspective d’une récession dont on ignore l’ampleur. De plus, la faiblesse de l’économie chinoise est défavorable au secteur minier. Soulignons enfin que plusieurs conflits de travail, notamment dans les ports de la côte ouest et dans l’industrie automobile, ont nui à la progression du marché boursier canadien.

À l’horizon

Le cycle de hausses des taux directeurs perdure depuis plus de 18 mois. L’effet de ces hausses de taux a commencé à se faire sentir dans plusieurs pays du monde. Depuis le début de 2023, la Banque du Canada et la Fed ont dosé le rythme des hausses de taux et pris des poses successives pour en mesurer les effets sur l’économie et l’évolution de l’inflation.

On peut dire que le résultat est mitigé. Le dosage des mesures de resserrement a permis d’éviter un ralentissement sévère et une récession mondiale profonde. On se dirige plutôt vers l’atterrissage en douceur souhaité par les marchés financiers que vers l’écrasement de l’économie. Cependant, l’inflation semble vouloir persister. Sachant que la forte inflation actuelle est principalement due à un manque d’offre (et non à une demande trop élevée), les hausses de taux visant à faire baisser la demande n’ont qu’un effet limité sur les prix du pétrole et les coûts de main-d’œuvre.

La prochaine année risque donc d’être celle de la stagflation, c’est-à-dire une situation de très faible croissance économique durant laquelle l’inflation demeure bien au-dessus de la cible de nos banques centrales.

Nous sommes d’avis que la Banque du Canada et la Fed toléreront un taux d’inflation temporairement plus élevé que la cible, mettant ainsi fin à la hausse des taux. Elles miseront sur le fait que l’économie fonctionnera à un rythme plus lent que son potentiel de long terme. De ce fait, les pressions inflationnistes s’atténueront tout doucement, sans qu’on ait à provoquer une récession douloureuse.

Dans ce contexte, il est possible que la spirale inflationniste des salaires se poursuive. Si c’était le cas, les taux directeurs pourraient être relevés de nouveau et la stagnation de l’économie pourrait se poursuivre sur une période plus longue.

Devant un tel scénario, nous avons décidé de diminuer la portion d’encaisse au profit des actions canadiennes dans les portefeuilles équilibrés. De façon générale, le marché boursier canadien tire profit d’un environnement d’inflation élevée. La persistance de l’inflation mondiale devrait également être favorable au dollar canadien et provoquer une hausse du prix du pétrole.

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