Survol des marchés financiers | Fiera Capital – Juin 2026
Contexte économique
Malgré les craintes de nombreux économistes, l’économie mondiale semble s’être adaptée au contexte d’incertitude entourant les règles du commerce international. À cet effet, au cours des premiers mois de 2026, le volume des biens transigés dans le monde a augmenté de plus de 5 % par rapport à 2025. Au second trimestre de 2026, l’économie mondiale a souffert d’une autre source d’incertitude : la guerre entre les États-Unis et l’Iran ainsi que la fermeture du détroit d’Hormuz. La hausse des prix de l’énergie et des engrais a eu un impact sur le taux d’inflation et accentué les défis de nombreux ménages face à la hausse du coût de la vie. De plus en plus d’indicateurs pointent vers une période de stagflation puisque la croissance économique demeure vulnérable alors que les pressions inflationnistes augmentent.
Au deuxième trimestre de 2026, l’économie américaine a continué d’étonner par sa vigueur. Les consommateurs semblent faire fi de leurs craintes face aux répercussions de la guerre contre l’Iran et de la hausse des prix de l’énergie, continuant de consommer comme si de rien n’était. Au moment d’écrire ces lignes, la croissance du PIB du deuxième trimestre s’annonce supérieure à celle du trimestre précédent. Depuis plusieurs mois, les investissements dans le développement et l’implémentation de l’intelligence artificielle contribuent fortement à cette croissance.
Au Canada, l’économie manque nettement de vigueur. Au cours du deuxième trimestre, on a annoncé que l’économie s’était contractée pour un deuxième trimestre consécutif, malgré la bonne croissance des dépenses des consommateurs. On a donc parlé d’une récession technique. Dans les faits, la décroissance a été si faible, qu’il s’agit plutôt d’une stagnation. Depuis quelques mois, les investissements sont affectés par l’incertitude entourant la renégociation de l’accord de libre-échange Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM), impactant la croissance économique. Par ailleurs, la hausse du prix de l’essence a contribué à l’augmentation du taux d’inflation. La croissance annuelle de l’indice des prix à la consommation (IPC) est passée de 2,8 % en avril à 3,2 % en mai.
L’économie de la zone euro a amorcé une période de ralentissement, mais celui-ci est variable d’un pays à l’autre. La faiblesse de l’économie est accompagnée d’un regain de l’inflation. En mai, le taux annuel d’inflation a grimpé à 3,2 %, alors qu’en mars, il était encore sous la barre des 2 %. La Banque centrale européenne (BCE) a donc réagi en annonçant une hausse de son taux directeur.
Après un premier trimestre de bonne croissance pendant lequel le Royaume-Uni s’est classé au premier rang du G7, le PIB de celui-ci a ensuite décru en avril. Certains indicateurs laissent entrevoir une poursuite de ce ralentissement. Par ailleurs, le pays a subi un nouveau changement de premier ministre, ce qui n’aide en rien le contexte économique.
En Chine, les indicateurs reflètent une forte hausse des coûts des intrants. Les entreprises chinoises connaissent la plus importante hausse des coûts des matières premières et de production en quatre ans. En partie attribuables au conflit au Moyen-Orient, ces hausses sont préoccupantes car la demande intérieure est relativement faible, et le contexte commercial avec les États-Unis, fragile.
Au cours du trimestre, le prix du baril de pétrole (WTI) a fortement fluctué au gré des tensions au Moyen-Orient.
En juin, le progrès des négociations, la réouverture partielle du détroit d’Hormuz et la perspective d’un règlement durable du conflit ont réduit les pressions sur le prix du pétrole. En fin de trimestre, le WTI se négociait à 70 $ US.
Politique monétaire et titres à revenu fixe
Le deuxième trimestre a été marqué par l’arrivée d’un nouveau président à la tête de la Réserve fédérale américaine (Fed). Kevin Warsh a présidé sa première réunion en juin. La Fed a misé sur le statu quo, avec cependant une évolution dans les communiqués relatifs à la politique monétaire. Sous l’impulsion de M. Warsh, qui a toujours critiqué la longueur de ces communications, le communiqué publié en juin a donc été plus succint, donnant peu de détails sur les intentions de la Fed.
La Banque du Canada a également opté pour le maintien de son taux directeur. Bien que l’inflation ait été propulsée à la hausse, la Banque a jugé que la fragilité de l’économie canadienne justifiait le maintien du taux directeur. On veut donner toutes les chances à la croissance économique d’autant plus que le prix du carburant pourrait redescendre rapidement.
Après avoir opté pour le maintien des taux en avril, la BCE a décidé de hausser le taux directeur de 0,25 % en juin. En avril, les autorités monétaires européennes avaient prévu une hausse imminente et en juin, les pressions inflationnistes sont apparues trop importantes pour que le statu quo soit maintenu plus longtemps. De l’autre côté de la Manche, la Banque d’Angleterre a décidé de maintenir les taux inchangés puisque les pressions inflationnistes montraient des signes d’apaisement.
Pendant le trimestre, les taux obligataires canadiens ont connu une légère hausse en mai pour ensuite diminuer et terminer le trimestre en légère baisse par rapport au niveau du 31 mars. Ainsi, au deuxième trimestre, les taux des obligations du Canada ayant une échéance de 10 ans sont passés de 3,47 % à 3,37 %. Pendant ce temps, ceux des obligations du Canada ayant une échéance de 2 ans sont passés de 2,82 % à 2,73 %.
Durant le deuxième trimestre de 2026, le cours du dollar canadien a été soutenu par la hausse du prix du pétrole, se négociant à plus de 0,74 $ US. En juin, les tensions se sont apaisées au Moyen-Orient et les perspectives de résolution du conflit entre les États-Unis et l’Iran se sont améliorées. Parallèlement, l’économie canadienne a montré des signes d’essoufflement.
Ces facteurs ont contribué au recul de notre dollar canadien qui a terminé le trimestre près de 0,70 $ US.
MARCHÉS BOURSIERS
Au cours du deuxième trimestre, le marché boursier américain a rebondi et l’indice S&P 500 a gagné près de 15 %. Après un premier trimestre difficile, les titres des géants américains de la technologie ont rebondi au deuxième trimestre avec une séquence de hausse presque continue jusqu’en juin. Par contre, les titres liés à la production des puces et à l’intelligence artificielle, ont connu un repli. Ainsi, malgré un léger recul en juin, l’indice NASDAQ affiche une hausse trimestrielle de plus de 21 %.
Pour sa part, l’indice S&P TSX, indice phare du marché canadien, a connu un très bon trimestre malgré le recul des titres des ressources naturelles, dont les pétrolières et les aurifères. Les titres des sociétés de services financiers et de la consommation ont contribué à soutenir sa croissance : le S&P TSX affiche une hausse trimestrielle de plus de 6%.
L’indice des actions canadiennes de petite capitalisation affiche un rendement trimestriel légèrement plus modeste de 5 %. Il a aussi été pénalisé par la forte pondération des sociétés de ressources naturelles au sein de l’indice.
À L’HORIZON
En cette fin de deuxième trimestre de 2026, la guerre entre les États-Unis et l’Iran marque une certaine pause et les négociations se poursuivent pour arriver à une entente qui dépasserait un simple cessez-le-feu. Il est cependant trop tôt pour évaluer les conséquences à moyen et long terme de ce conflit sur l’économie mondiale. Dans quelle mesure les installations pétrolières ont-elles été touchées ? Quel sera l’impact sur les coûts de transports dans la région et autour du globe ?
La hausse du prix de l’essence et des autres produits pétroliers affecte déjà la confiance des consommateurs alors qu’ils souffrent encore des hausses de prix postpandémiques, tant pour la nourriture que pour le logement. La hausse des prix de l’énergie risque de relancer l’inflation et d’affecter davantage les consommateurs.
Parallèlement, le peu de confiance des consommateurs et des entreprises contribuera à freiner le rythme de croissance de l’économie mondiale. D’une part, les ménages réduiront leurs dépenses en raison de l’éventualité de hausses de prix et des inquiétudes concernant leur situation financière. D’autre part, les entreprises feront face à des perspectives nébuleuses, ce qui les incitera à réduire leurs investissements et le rythme des embauches. Bien que le contexte économique mondial soit incertain, nous écartons le scénario de récession économique. Nous croyons plutôt que nous traverserons une période de stagflation, c’est-à-dire de stagnation de l’économie accompagnée d’inflation supérieure aux cibles des banques centrales.
Les taux d’inflation au Canada et aux États-Unis devraient demeurer à leurs niveaux actuels. Cela incitera les banques centrales à maintenir leurs taux inchangés pour une période prolongée. Pour compenser le niveau élevé de l’inflation, les taux obligataires de plus long terme devraient connaître une augmentation.
Le ralentissement de la croissance économique continuera de limiter les investissements des entreprises, dont les bénéfices pourraient accuser de légers reculs au cours des 12 à 18 prochains mois.
Dans ce contexte, nous maintenons, dans les portefeuilles équilibrés qui le permettent, une exposition réduite aux obligations canadiennes et aux actions américaines et internationales. En contrepartie, nous conservons une portion importante du portefeuille en liquidités. De plus, notre exposition aux actions canadiennes est légèrement supérieure à la cible. Les actions canadiennes offrent généralement un potentiel de rendement intéressant lors des périodes d’inflation.



