/  31 décembre 2025

Survol des marchés financiers | Fiera Capital – Décembre 2025

Contexte économique

Jusqu’à la fin, l’année 2025 a été le théâtre d’une rupture majeure de l’ordre géopolitique et commercial mondial. Le virage protectionniste adopté par l’administration Trump a fragilisé l’économie de plusieurs pays. Au fil des mois, ces derniers ont fait preuve de résilience, notamment grâce à leur capacité d’ajuster leur production et leurs exportations.

Entre le 1er octobre et le 12 novembre 2025, les activités du gouvernement américain ont été affectées par la plus longue fermeture de son histoire. Cet arrêt, causé par les difficiles négociations entre les élus sur la hausse du plafond de la dette et les priorités budgétaires, a perturbé la publication des statistiques économiques. Selon les données publiées, le taux d’inflation est passé de 3,0 % en septembre à 2,7 % en novembre. Contrairement aux attentes, la hausse des prix en lien avec les tarifs à l’importation demeure modérée pour les consommateurs américains. En raison du retard dans la compilation des statistiques, les données sur la croissance du PIB du 3e trimestre ont été publiées le 23 décembre. On a annoncé une croissance de 4,3 %, soit un résultat nettement supérieur aux attentes. Les statistiques pour l’automne 2025 laissent entrevoir une croissance plus modérée. Au 4e trimestre, le nombre d’emplois a diminué et le taux de chômage est passé de 4,4 % à 4,6 %.

Au début de l’automne, l’économie canadienne a bénéficié d’une hausse des investissements non résidentiels. Les indicateurs avancés, comme les indices des directeurs d’achats (PMI), demeurent toutefois négatifs et laissent présager une croissance modérée pour les prochains mois. Le taux de chômage s’est amélioré, mais demeurait toujours à 6,5 % en novembre. Par ailleurs, l’inflation de base, une mesure particulièrement suivie par la Banque du Canada, est toujours supérieure au niveau ciblé. La hausse des prix et l’incertitude économique ressenties par les consommateurs ont eu des répercussions sur les ventes des détaillants. Ces dernières ont reculé au cours de l’automne.

En Europe, l’économie allemande a été particulièrement affectée par le protectionnisme américain. Le tarif effectif qu’elle subit est supérieur à celui de la France ou de l’Italie. C’est pourquoi les exportations allemandes vers les États-Unis ont diminué de plus de 22 % en 2025. Cependant, certains indicateurs, comme les PMI, ont montré des signes d’amélioration au cours du 4e trimestre. Les indices de confiance des entreprises et des ménages ont aussi arrêté de se dégrader. Par ailleurs, la fragilité politique de plusieurs gouvernements européens, ainsi que les tensions avec la Russie ont continué d’être une source d’incertitude.

Selon les indices PMI, le secteur industriel chinois traverse sa plus longue période de ralentissement en neuf ans. Bien qu’un accord entre les présidents Trump et Xi Jinping ait entraîné une réduction de certains droits de douane, la demande intérieure reste faible et les incertitudes dans les relations entre les États-Unis et la Chine continuent de nuire aux perspectives économiques.

La production mondiale de pétrole est demeurée stable, tandis que la demande a montré des signes de faiblesse. En conséquence, le prix du baril de pétrole a amorcé le trimestre à 62 $ US, mais s’est négocié sous la barre des 60 $ US durant la majorité du trimestre. Le 16 décembre, il a atteint un creux de 55,27 $.

Politique monétaire et titres à revenu fixe

Lors de sa rencontre du 29 octobre, la Banque du Canada a décidé d’abaisser son taux directeur. Le gouverneur Macklem a toutefois déclaré que les taux se situaient désormais « à peu près au bon niveau » pour maintenir l’inflation à 2 %, tout en soutenant l’économie dans une période de changements structurels découlant du conflit commercial avec les États-Unis. Le 10 décembre, les investisseurs n’ont donc pas été surpris de la décision des dirigeants de la Banque du Canada de maintenir le taux directeur.

De son côté, la Réserve fédérale américaine (la Fed) a réduit son taux directeur à deux reprises, en septembre et en décembre. Elle a porté son attention sur le marché de l’emploi, qui a montré des signes de faiblesse au cours de l’automne. Les baisses de taux annoncées visaient avant tout à soutenir la création d’emplois. En 2026, la persistance de l’inflation pourrait toutefois limiter la marge de manoeuvre de la Fed.

En Europe, la Banque centrale européenne (BCE) a maintenu son taux directeur inchangé à ses deux rencontres du 4e trimestre, soit le 30 octobre et le 18 décembre. La BCE estime que le taux d’inflation pour l’ensemble de 2025 devrait se situer à 2,1 %, ce qui est pratiquement le niveau visé. La Banque s’est abstenue de donner des indications sur la direction future des décisions de politique monétaire.

Après avoir maintenu son taux en octobre, la Banque d’Angleterre a opté pour une baisse de 0,25 % en décembre. Bien que le taux d’inflation, actuellement de 3,2 %, soit bien au-dessus de l’objectif de 2 %, la Banque d’Angleterre estime que la tendance des taux est baissière et que l’inflation retournera progressivement au niveau visé. La Banque rappelle que l’inflation s’est grandement résorbée puisqu’elle était de 10 % il y a trois ans.

Durant le 4e trimestre, les taux obligataires canadiens sont restés relativement stables jusqu’au début de décembre. La décision de la Banque du Canada de maintenir son taux directeur, tandis que la Fed abaissait le sien, a alors provoqué une hausse des taux obligataires canadiens. Ainsi, au 4e trimestre, les taux des obligations du Canada ayant une échéance de 10 ans sont passés de 3,15 % à environ 3,40 %.

Durant le 4e trimestre de 2025, le dollar canadien a fluctué à l’intérieur d’une étroite fourchette. Il a amorcé le trimestre à 0,72 $ US, puis a touché un creux de 0,71 $ US à deux reprises en novembre. Il a ensuite entamé une hausse et a terminé le trimestre à 0,73 $ US.

Marchés boursiers

En septembre, les marchés boursiers mondiaux avaient atteint de nouveaux sommets. Les anticipations de nouvelles baisses de taux directeurs et l’engouement pour l’intelligence artificielle soutenaient l’optimisme des investisseurs.

Au 4e trimestre, les marchés boursiers ont poursuivi leur progression, malgré des périodes de turbulences. L’évaluation élevée des titres de technologie a été une source de préoccupation. Il est important de noter que le groupe des géants de la technologie, surnommé « les 7 magnifiques », a fortement contribué à la hausse des indices américains. En dépit de ces incertitudes, les marchés ont atteint de nouveaux sommets. Les bons résultats financiers des entreprises, les perspectives de baisses de taux par la Fed et l’engouement pour les titres de technologie ont continué de soutenir la progression des marchés.

Le marché boursier canadien a encore une fois connu un meilleur trimestre que les indices américains. La progression des titres aurifères, qui composent 13 % de l’indice S&P/TSX, a favorisé notre marché. À la fin décembre, le prix de l’or a touché 4 500 $ US pour la première fois de l’histoire. Pour l’ensemble de 2025, il s’agit d’une hausse de plus de 70 %. La perspective de baisses de taux par la Fed et les tensions géopolitiques mondiales expliquent la hausse des derniers mois.

L’optimisme des investisseurs boursiers a continué de soutenir les actions canadiennes de petite capitalisation. Au 4e trimestre, l’indice S&P/TSX Petite capitalisation a affiché un rendement de plus de 10 %.

Pour leur part, les marchés boursiers émergents ont bénéficié de l’essor de l’intelligence artificielle et de l’apaisement des tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine. Pour l’ensemble de 2025, l’indice MSCI Marchés émergents affiche une progression de plus de 30 %.

À l’horizon

Pendant le 4e trimestre, on a continué d’observer un écart important entre la situation des ménages à faible revenu et celle des plus fortunés. Alors que les premiers subissent la hausse des prix et peinent à trouver un logement à prix abordable, les seconds profitent de l’appréciation de leur portefeuille boursier. Les dépenses de consommation des plus riches ont donc augmenté davantage.

Au cours des 12 à 18 prochains mois, l’inflation devrait demeurer présente. Les droits de douane imposés par les États-Unis à tous leurs partenaires commerciaux pourraient être moins élevés qu’annoncés. Cependant, ils seront supérieurs à ceux qui prévalaient avant 2025. Il est donc hautement probable que les prix payés par les consommateurs et les entreprises continuent d’augmenter.

Parallèlement, la faiblesse de la confiance des consommateurs et des entreprises contribuera au ralentissement du rythme de croissance de l’économie mondiale. D’une part, les ménages devraient réduire leurs dépenses en raison de la perspective de hausses de prix et des inquiétudes concernant leur situation financière. D’autre part, les entreprises font face à des perspectives nébuleuses, ce qui les incite à réduire leurs investissements et le rythme des embauches. Nous écartons toutefois le scénario de récession économique.

Le taux d’inflation, au Canada comme aux États-Unis, devrait augmenter légèrement. Cela placera les banques centrales dans une situation délicate puisque des baisses de taux directeur pourraient alimenter l’inflation. Pour compenser cette tendance, les taux obligataires de plus long terme devraient alors progresser.

Le ralentissement de la croissance économique limitera les investissements des entreprises. Au cours des 12 à 18 prochains mois, la croissance de leurs bénéfices sera limitée.

Dans ce contexte, nous maintenons, dans les portefeuilles équilibrés qui le permettent, une exposition réduite aux obligations canadiennes et aux actions américaines et internationales. En contrepartie, notre exposition aux actions canadiennes est supérieure à la cible et nous conservons une portion importante du portefeuille en liquidités. Les actions canadiennes offrent généralement un potentiel de rendement intéressant lors des périodes d’inflation.

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