Miser sur la bonne durée - Fonds FMOQ
 /  05 décembre 2016

Miser sur la bonne durée

Si vous placez votre argent en vue d’acheter une maison dans trois ans, vous ne ferez pas les mêmes choix, et ne prendrez pas les mêmes risques, que si vous l’investissez dans le but de financer votre retraite dans quinze ans. Cap sur un facteur déterminant de la gestion de portefeuille : l’horizon de placement.

En général, la gestion d’un portefeuille repose sur deux éléments essentiels : la tolérance au risque et l’horizon de placement. Voyons plus en détail cette dernière variable.

L’horizon de placement, c’est la durée pendant laquelle vos fonds seront placés en fonction de l’objectif qu’ils serviront à remplir. Par exemple, si vous avez 40 ans et que vous épargnez en vue de votre retraite, que vous comptez prendre à 65 ans, votre horizon de placement est de 25 ans. Par contre, si vous investissez en prévision d’un long périple à travers le monde dont le départ est prévu dans trois ans, votre horizon de placement, pour ce montant, est de trois ans.

POURQUOI L’HORIZON EST-IL SI IMPORTANT ?

La répartition des éléments d’actif d’un portefeuille entre les différentes classes et le choix des investissements dépen­dent largement de l’horizon de placement. En principe, lorsque l’horizon de placement est à long terme, on peut se permettre d’assumer un niveau de risque plus élevé et se constituer un portefeuille de valeurs en conséquence. Par contre, pour un horizon de placement à moyen terme, on doit privilégier un degré de risque modéré. Quant aux horizons de placement à court terme, c’est la sécurité du capital, et non sa croissance, qui doit primer.

De façon générale, on parle d’un horizon de placement à court terme lorsque l’objectif visé doit se réaliser dans un délai de un à trois ans ; à moyen terme lorsque ce délai est de 3 à 5 ans ; et à long terme lorsque le délai est de plus de 5 ans. Comme un horizon de placement inférieur à un an vise un but spéculatif ou constitue une période de transition, il ne s’agit pas, à proprement parler, d’un investissement.

SÉCURITÉ OU CROISSANCE

Lorsque l’horizon de placement est à court terme, la sécu­rité du capital est prépondérante. Le portefeuille doit donc contenir presque exclusivement des titres à revenus fixes (bons du trésor, obligations négociables). L’investisseur cherche à réduire au minimum la probabilité de perdre de l’argent et à augmenter le plus possible les revenus.

Quand l’horizon est à moyen terme, il faut créer un por­tefeuille plus équilibré, l’investisseur cherchant un juste compromis entre la sécurité du capital et la croissance à moyen terme. On choisira donc en partie des titres de croissance (actions canadiennes et internationales), qu’on complétera d’une portion de titres à revenus fixes.

Lorsque l’horizon de placement est à long terme, voire à très long terme, le portefeuille doit être composé, dans une très grande proportion, de titres de croissance à long terme. Les investissements en actions sur les marchés canadiens et internationaux constituent alors la majeure partie du portefeuille.

CRÉER DES HORIZONS DISTINCTS

Compte tenu des éléments mentionnés précédemment, la définition de l’horizon de placement revêt une importance primordiale lorsque vient le temps de composer un porte­feuille. Parfois, il s’avère difficile de déterminer l’horizon de placement parce que le projet visé est trop vaste et étendu dans le temps. Dans ce cas, on a avantage à diviser l’avoir en plusieurs portefeuilles axés vers des horizons de placement variés.

Prenons par exemple le cas d’une personne qui prend sa retraite aujourd’hui, mais qui doit attendre quelques années encore avant de toucher ses prestations des divers régimes publics ou privés de retraite (RRQ, régime de retraite de l’employeur, sécurité de la vieillesse, etc.). Puisqu’elle n’est pas obligée d’utiliser dès à présent tout le capital qu’elle a accumulé en vue de sa retraite, cette personne pourrait le répartir en trois portefeuilles distincts, chacun répondant à des besoins précis et ayant des horizons de placement différents.

Le premier portefeuille pourrait contenir les éléments d’actif nécessaires pour financer la retraite entre la date du dernier jour de travail et celle de l’admissibilité aux divers régimes publics ou privés. Comme l’horizon de placement de cette portion de l’actif se situe entre 0 et 5 ans, le capital doit être investi de façon très sécuritaire.

Le deuxième portefeuille pourrait être utilisé pour com­pléter les revenus des divers régimes de retraite publics et privés afin de maintenir le niveau de vie souhaité. Puisque cet horizon de placement varie entre 5 et 30 ans, selon l’espérance de vie, une répartition de portefeuille équi­libré est tout à fait appropriée pour ces éléments d’actif. Il faudra cependant prévoir une évolution graduelle de la composition du portefeuille au cours des années. En effet, l’investisseur devra privilégier une répartition plus sécuri­taire, au fur et à mesure que les sommes seront utilisées et que l’horizon de placement rétrécira.

Enfin, le troisième portefeuille pourrait regrouper l’argent que l’investisseur ne prévoit pas utiliser et qu’il souhaite­rait léguer à ses héritiers. L’horizon de placement étant dès lors à très long terme, un portefeuille visant la croissance à long terme est recommandé. Et les héritiers n’en seront que plus heureux !

RESTER CONCENTRÉ

Une fois l’horizon de placement défini et la composition du portefeuille approprié effectuée, il ne faut pas se lais­ser distraire par les fluctuations et les rendements à court terme des marchés. Les rendements à court terme de cer­tains placements de croissance peuvent être alléchants, à certaines périodes, en regard des rendements d’un portefeuille sécuritaire. Il faut cependant se rappeler que les fluctuations temporaires de ce type d’investissement demeurent incompatibles avec l’horizon de placement du portefeuille. À l’inverse, le détenteur d’un portefeuille ayant un horizon de placement à long terme, constitué en grande partie de titres de croissance, doit accepter les fluctuations temporaires de marché, ne pas céder à l’inquiétude ou à la panique et, surtout, ne jamais perdre de vue son horizon de placement.

SPÉCULER, EST-CE INVESTIR ?

Un investissement repose sur un horizon de temps au cours duquel les titres acquis pourront donner leur poten­tiel de valeur. À l’inverse, spéculer, c’est jouer à court terme sur les fluctuations temporaires des marchés, sans égard à la valeur intrinsèque des titres acquis. Une personne sou­haitant spéculer devrait le faire avec des éléments d’actif destinés à cette seule et unique fin, et non pas avec ceux qu’elle accumule pour financer sa retraite ou pour une utilisation à court terme.