Le dernier trimestre a été marqué par la Tournée du président, où nous avons eu le privilège de rencontrer l’ensemble des associations régionales de la FMOQ. Malgré un contexte exigeant pour la profession, ces échanges ont été portés par une solidarité réelle, et nous vous remercions sincèrement pour votre accueil chaleureux.
Fidèles à notre mission et profondément connectés à votre réalité, nous continuerons de vous accompagner à chaque étape de votre vie, tant pour la gestion de votre patrimoine que pour le soutien à votre clinique.
Je profite de cette occasion pour vous souhaiter une année 2026 empreinte de sérénité, de santé et de prospérité.
Emmanuel Matte,
Président
Patrick Murray, CIMMD, FCSIMD
Directeur Placements
Dans un environnement économique marqué par l’incertitude, une question revient souvent chez les investisseurs : comment rendre un portefeuille plus résilient ?
Au cours des dernières années, les marchés boursiers ont beaucoup progressé. Les valorisations élevées poussent plusieurs à envisager les actifs réels. Appelés aussi « placements alternatifs », ces actifs représentent des éléments tangibles, qui évoluent différemment des marchés traditionnels et procurent des avantages distinctifs à long terme.
Que sont les actifs réels ?
Les actifs réels regroupent des biens physiques, tels que des routes, des immeubles, des installations d’énergie renouvelable, des terres agricoles ou des exploitations forestières. Ils se distinguent des actions et des obligations par :
- des revenus stables et prévisibles
- une faible corrélation avec les marchés boursiers
- des mécanismes naturels d’ajustement à l’inflation
Exemples d’actifs réels courants :
- Ressources : parcs solaires, hydroélectricité
- Infrastructure : routes à péage, aéroports, réseaux électriques
- Immobilier : immeubles commerciaux, immeubles à vocation médicale
- Forêts : bois d’œuvre, terres forestières privées
- Agriculture : terres cultivées, vergers, cultures permanentes
Pourquoi intégrer des actifs réels dans un portefeuille ?
1. Diversification et réduction du risque global
Un avantage important des actifs réels réside dans leur capacité à offrir des rendements intéressants, mais avec une volatilité nettement plus faible que celle des actions. Autre exemple, la volatilité de l’immobilier est inférieure à celle des obligations canadiennes, et historiquement, le rendement courant de l’immobilier dépasse de près de 4 % celui des obligations gouvernementales canadiennes à 10 ans.
2. Génération de revenus stables
Les actifs réels produisent une grande partie de leur rendement sous forme de revenus réguliers : en immobilier, environ 80 % du rendement historique provient des revenus locatifs, ce chiffre est à 65 % pour les terres agricoles.
Plusieurs structures de contrats prévoient des ajustements périodiques, ce qui contribue à maintenir le pouvoir d’achat des revenus.
3. Protection naturelle contre l’inflation
Les actifs réels disposent de mécanismes intégrés pour s’adapter à l’évolution des prix. En immobilier, les loyers sont souvent indexés; les péages routiers ou les tarifs d’utilisation d’infrastructures peuvent être ajustés; et dans le secteur énergétique, les revenus sont liés à la demande globale de l’économie.
Ces éléments permettent aux actifs réels de préserver leur valeur réelle même dans un contexte inflationniste.
Malgré ses nombreux avantages, il est important de noter que la liquidité d’un portefeuille (fonds) immobilier doit être considérée. Certains mécanismes existent pour aider autant les clients que le gestionnaire lorsqu’un client aimerait liquider son placement. Cependant, les investisseurs pourraient subir des délais importants, pouvant aller jusqu’à deux, trois ou même quatre trimestres avant d’être remboursés.
Performance historique des actifs réels
Plusieurs catégories d’actifs réels ont démontré une appréciation constante au fil du temps :
- Immobilier canadien : le rendement annuel se situe entre 8 % et 9 % à long terme1
- Forêts (indice NCREIF, États-Unis1) : le rendement annuel moyen est de 10,5 % depuis 1987
- Terres agricoles : grâce à une demande alimentaire durable et une offre limitée de terres cultivables, le rendement demeure stable à 9,8 % depuis 1987 (indice NCREIF, États-Unis1)
Les analyses à long terme montrent également que l’immobilier a connu très peu de trimestres négatifs sur 20 ans, et que les baisses observées étaient généralement modestes (entre 0 % et 3 %). Ces caractéristiques en font un outil efficace pour soutenir un portefeuille lorsque les marchés boursiers faiblissent.
Et l’immobilier médical ? Un actif réel à part entière
L’immobilier médical illustre bien les forces des actifs réels :
- Stabilité de l’achalandage, indépendamment des cycles économiques, car les services de santé demeurent essentiels en tout temps
- Taux d’occupation durablement élevés et locataires stables
- Revenus prévisibles grâce à des baux à long terme
- Faible sensibilité aux variations des marchés boursiers
Ces caractéristiques en font une classe d’actifs particulièrement résiliente dans un portefeuille diversifié.
Comment intégrer des actifs réels à un portefeuille ?
Selon certaines approches, une allocation entre 10 % et 25 % en actifs réels peut être envisagée dans un portefeuille diversifié. En règle générale, l’investisseur dispose de deux possibilités :
1. Détenir directement les actifs réels
L’achat d’un immeuble ou de terres agricoles exige une expertise spécialisée, beaucoup de temps, des liquidités importantes et une gestion continue. Cette option offre un contrôle complet, mais comporte des contraintes importantes.
2. Opter pour des véhicules de placement spécialisés
Il s’agit de la solution privilégiée par la majorité des investisseurs, puisqu’elle permet d’obtenir une exposition diversifiée aux actifs réels tout en évitant les exigences et la complexité de la gestion directe.
| Notre offre |
| Fonds FMOQ propose des solutions permettant d’intégrer des actifs réels dans un portefeuille de façon structurée et adaptée aux besoins des médecins du Québec.Parmi ces solutions, l’immobilier médical occupe une place particulière, en raison de sa stabilité, de sa résilience et de son absence de corrélation avec les cycles économiques. Cette catégorie d’actifs peut contribuer à renforcer un portefeuille tout en offrant une source de revenus stable et prévisible. |
Conclusion
Les actifs réels constituent un complément efficace aux actions et aux obligations dans une stratégie de diversification. Leur capacité à générer des revenus réguliers, leur faible fréquence de rendements négatifs et leur résilience face aux cycles économiques en font des outils particulièrement utiles pour stabiliser un portefeuille.
En cette période de cotisations REER, il peut être pertinent d’examiner comment cette catégorie d’actifs pourrait s’intégrer à votre stratégie de placement. Parlez-en avec votre conseiller afin d’évaluer les options qui conviennent le mieux à votre situation.
1 Source : MSCI REALPAC, Morningstar Direct, NCREI
Le début d’année est le moment idéal pour revoir vos stratégies d’épargne et de placement. Une question revient souvent : vaut-il mieux cotiser dès janvier ou étaler ses cotisations au fil des mois ?
Cotiser dès le début d’année permet à vos placements de profiter plus longtemps de la croissance et de la magie des intérêts composés. Plus l’argent reste investi longtemps, plus l’effet cumulé peut être significatif.
À l’inverse, étaler les cotisations peut être avantageux dans un contexte de marchés volatils. Les versements périodiques permettent de « lisser » le prix d’achat des placements, réduisant l’impact des fluctuations à court terme.
Au-delà de l’optimisation du moment d’achat, les versements réguliers instaurent une discipline d’épargne. C’est souvent cette discipline d’épargne, plus que le montant ponctuel, qui fait la différence sur plusieurs années.
En fin de compte, la meilleure stratégie dépend de votre situation, de votre horizon de placement et de votre tolérance au risque. L’important est de choisir une approche qui vous convient et de vous y tenir.
Parlez-en à votre conseiller pour trouver la stratégie la mieux adaptée à vos objectifs.
Plafonds de cotisation
| Plafond REER |
2025 : 32 490 $
2026 : 33 810 $
Date limite REER 2025 : 2 mars 2026
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| Plafond CELI |
2026 : 7 000 $
Droits cumulatifs depuis 2009 : 109 000 $
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| Plafond CELIAPP |
| 2026 : 8 000 $
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Audréanne Leblanc, LL.M., Fisc., Pl. Fin.
Planificatrice financière et fiscaliste
Après plusieurs années de performances solides sur les marchés, il est tentant de croire que la tendance ne peut que continuer. Les indices atteignent des sommets, les titres technologiques brillent, et l’optimisme semble contagieux. Mais derrière cette euphorie se cache un biais bien connu en finance : l’excès de confiance. Et ce biais cognitif peut coûter cher.
Qu’est-ce que l’excès de confiance ?
L’excès de confiance se traduit par la tendance à surestimer ses compétences, ses connaissances et même ses chances. Après une série de bons choix ou dans un contexte de marché haussier, l’investisseur se sent invincible. Il croit « savoir » où le marché s’en va, prend des positions plus audacieuses et néglige les signaux d’alerte.
Ce biais est amplifié par d’autres mécanismes psychologiques :
- L’illusion de contrôle : croire qu’on maîtrise des variables imprévisibles ;
- Le biais de confirmation : chercher des informations qui confortent nos convictions.
Pourquoi ce biais s’intensifie-t-il après des hausses de marchés ?
Les récentes hausses boursières ont créé un climat d’euphorie. Quand les indices battent des records, il est facile de penser que « cette fois, c’est différent ». Pourtant, l’histoire nous enseigne que les périodes de forte confiance précèdent souvent des corrections brutales.
L’excès de confiance amène à concentrer ses investissements sur quelques titres « gagnants », à prendre plus de risques et parfois à s’endetter pour amplifier ses gains. Ces comportements augmentent la volatilité et fragilisent les portefeuilles.
Les impacts concrets
Pour l’investisseur, le danger est présent sous plusieurs formes :
- Une sous-estimation des risques qui consiste à ignorer les scénarios défavorables et à croire que la tendance haussière va se poursuivre indéfiniment. Dans ce scénario certains objectifs financiers pourraient ne pas être réussis.
- Une performance sous-optimale où des décisions impulsives ou trop confiantes mènent à une mauvaise allocation d’actifs.
- Une surestimation des prévisions et une concentration involontaire des actifs : l’excès de confiance peut alimenter des bulles spéculatives. On pense ici à l’essor des FNB indiciels, qui donnent une impression de diversification. En réalité, certains indices sont dominés par quelques titres, créant une surexposition qui amplifie les mouvements de marché, à la hausse comme à la baisse.
Comment éviter ce piège ?
La première étape consiste à reconnaître le biais d’excès de confiance. Ensuite, il s’agit d’appliquer certaines recommandations, telles que :
- Diversifier, c’est-à-dire éviter la concentration, par la répartition de ses investissements et la préférence pour des solutions offrant une diversification accrue ;
- Fixer des règles claires comme les seuils de risque et les objectifs à long terme ;
- S’appuyer sur des données objectives plutôt que sur des intuitions.
Mais surtout, être bien accompagné. Un professionnel de la finance apporte une vision neutre et méthodique. Il aide à tempérer les émotions, à respecter les objectifs et à éviter les décisions impulsives.
Conclusion
La confiance est essentielle pour investir. Mais quand elle devient excessive, elle se transforme en risque. Après des années de performance exceptionnelle, il est plus que jamais temps de rester vigilant. S’entourer de professionnels, c’est se donner les moyens de prendre des décisions éclairées et de traverser les cycles de marché avec sérénité.
Anick Dubois
Vice-présidente adjointe Solutions cliniques
Le milieu médical traverse actuellement une période particulièrement exigeante au Québec. Les impacts de la Loi 2 pourraient notamment entraîner une réorganisation des modèles d’affaires des cliniques. Alors que plusieurs questions demeurent en suspens, les cliniques médicales québécoises ont plus que jamais besoin d’accompagnement. Dans ce contexte, l’équipe Solutions cliniques Fonds FMOQ a choisi d’adapter sa philosophie d’intervention afin de répondre encore plus étroitement aux réalités du terrain, souligne Anick Dubois, vice-présidente adjointe. Enrichie de nouveaux talents aux expertises complémentaires et accordant une plus grande place aux technologies, l’équipe offre aux médecins un soutien concret, pertinent et aligné sur les enjeux actuels.
Des interventions concrètes et au bon moment
Les médecins propriétaires de cliniques expriment aujourd’hui des préoccupations très précises : comment se réorganiser alors que le cadre législatif reste encore instable ? Lorsque l’incertitude se fait sentir, les cliniques ont besoin d’outils pour se situer et se projeter vers l’avenir.
Pour répondre aux besoins ponctuels, les experts de l’équipe Solutions cliniques disposent de la flexibilité nécessaire pour intervenir au moment opportun, avec la bonne intensité, autour de l’enjeu précis nommé par les médecins. « La portée de l’accompagnement varie selon plusieurs facteurs. Notre équipe s’adapte en fonction de la capacité et de la réalité de chaque milieu. Nous pouvons soutenir les gestionnaires de la clinique pendant deux mois, par exemple, le temps que les choses se placent », précise Anick Dubois. À titre d’exemple, la portée de l’accompagnement tient compte de facteurs, tels que l’expérience de l’équipe de gestion, la disponibilité du médecin responsable, l’organisation du travail, l’utilisation de la technologie, ainsi que la stabilité et la maturité des équipes.
Dans un contexte de transformation législative, l’équipe organise des ateliers pour aider les médecins à redéfinir ensemble la vision de leur clinique et à établir leurs priorités. Ces rencontres encouragent une participation active et créent une orientation commune, essentielle pour mobiliser tout le personnel dans ce nouveau cadre. « Concrètement, ces ateliers permettent de clarifier la vision partagée, de mettre en avant des valeurs et de renforcer la cohésion entre les membres. Par des activités collectives et individuelles, chacun est invité à s’engager dans la réflexion et à contribuer à une transition harmonieuse et durable de la clinique », explique Anick Dubois.
Pour déterminer comment amener la clinique vers son objectif, il est essentiel de bien comprendre son point de départ. « Notre équipe peut vous aider à faire un état de la situation actuelle », précise-t-elle. L’analyse porte sur les processus internes, les points de friction et leurs impacts. « Ce portrait détaillé permet ensuite de définir un parcours clair depuis la situation actuelle jusqu’à la situation souhaitée, tout en tenant compte des ressources disponibles et des enjeux identifiés. »
Le pouvoir des données comme levier de changement
Actuellement, de nombreux médecins propriétaires s’interrogent sur leur charge administrative et l’organisation du personnel travaillant dans leur clinique. Comment améliorer le fonctionnement interne alors que la charge administrative ne cesse d’augmenter ? Comment optimiser le rôle des professionnels, qu’ils soient issus du CIUSSS ou embauchés directement par la clinique ?
« Afin de permettre aux médecins de prendre des décisions plus éclairées, ayant un impact financier positif, nous pouvons les aider à développer une gestion basée sur les données », explique Anick. L’équipe s’appuie ainsi sur des indicateurs, tels que :
- les ratios de rentabilité et d’efficacité opérationnelle;
- la volumétrie des appels et/ou courriels téléphoniques;
- le nombre et les modalités de prise de rendez-vous;
- le taux de rendez-vous manqués (no-shows);
- le nombre de consultations par les professionnels.
L’analyse de ces données permet de visualiser les tendances, d’identifier les pistes d’amélioration et de mettre en place des solutions ciblées.
La puissance des outils technologiques pour optimiser le fonctionnement d’une clinique
L’intégration de l’intelligence artificielle (IA) constitue aujourd’hui l’un des leviers les plus transformateurs en matière d’accompagnement clinique. De nombreuses tâches administratives, qui requéraient auparavant plusieurs heures, peuvent désormais être réalisées en une fraction de temps grâce à l’IA. « Les cliniques ont des procédures, des ordres du jour, des comptes-rendus de réunions, des descriptions de poste et une foule d’autres documents à rédiger. Ainsi, une tâche qui prend habituellement deux heures est ramenée à 30 minutes avec l’IA », explique Anick.
Ce gain de temps est précieux. L’IA, combinée à d’autres outils technologiques, permet de réduire la charge administrative et d’optimiser les processus internes. Anick Dubois cite notamment comme exemples des outils de Microsoft pour la gestion, qui permettent de « passer du fonctionnement traditionnel à un environnement sans papier, facilitant ainsi les communications et le fonctionnement interne de la clinique ».
Solutions cliniques : un collaborateur de gestion de choix
Forte de sa vaste expérience du terrain et de ses connaissances en gestion de projet, l’équipe Solutions cliniques est prête à répondre aux besoins d’accompagnement des médecins et de leurs cliniques. Ses membres demeurent vos collaborateurs de confiance, apportant un regard externe, structurant et immédiatement applicable. Grâce à une équipe renouvelée, à des expertises diversifiées et à des outils technologiques puissants, Solutions cliniques agit comme partenaire stratégique pour transformer vos défis en opportunités.
Contactez-nous pour planifier une rencontre exploratoire, offerte sans frais ni engagement, afin de discuter des besoins de votre clinique et d’identifier des solutions adaptées à votre réalité.
Contexte économique
Jusqu’à la fin, l’année 2025 a été le théâtre d’une rupture majeure de l’ordre géopolitique et commercial mondial. Le virage protectionniste adopté par l’administration Trump a fragilisé l’économie de plusieurs pays. Au fil des mois, ces derniers ont fait preuve de résilience, notamment grâce à leur capacité d’ajuster leur production et leurs exportations.
Entre le 1er octobre et le 12 novembre 2025, les activités du gouvernement américain ont été affectées par la plus longue fermeture de son histoire. Cet arrêt, causé par les difficiles négociations entre les élus sur la hausse du plafond de la dette et les priorités budgétaires, a perturbé la publication des statistiques économiques. Selon les données publiées, le taux d’inflation est passé de 3,0 % en septembre à 2,7 % en novembre. Contrairement aux attentes, la hausse des prix en lien avec les tarifs à l’importation demeure modérée pour les consommateurs américains. En raison du retard dans la compilation des statistiques, les données sur la croissance du PIB du 3e trimestre ont été publiées le 23 décembre. On a annoncé une croissance de 4,3 %, soit un résultat nettement supérieur aux attentes. Les statistiques pour l’automne 2025 laissent entrevoir une croissance plus modérée. Au 4e trimestre, le nombre d’emplois a diminué et le taux de chômage est passé de 4,4 % à 4,6 %.
Au début de l’automne, l’économie canadienne a bénéficié d’une hausse des investissements non résidentiels. Les indicateurs avancés, comme les indices des directeurs d’achats (PMI), demeurent toutefois négatifs et laissent présager une croissance modérée pour les prochains mois. Le taux de chômage s’est amélioré, mais demeurait toujours à 6,5 % en novembre. Par ailleurs, l’inflation de base, une mesure particulièrement suivie par la Banque du Canada, est toujours supérieure au niveau ciblé. La hausse des prix et l’incertitude économique ressenties par les consommateurs ont eu des répercussions sur les ventes des détaillants. Ces dernières ont reculé au cours de l’automne.
En Europe, l’économie allemande a été particulièrement affectée par le protectionnisme américain. Le tarif effectif qu’elle subit est supérieur à celui de la France ou de l’Italie. C’est pourquoi les exportations allemandes vers les États-Unis ont diminué de plus de 22 % en 2025. Cependant, certains indicateurs, comme les PMI, ont montré des signes d’amélioration au cours du 4e trimestre. Les indices de confiance des entreprises et des ménages ont aussi arrêté de se dégrader. Par ailleurs, la fragilité politique de plusieurs gouvernements européens, ainsi que les tensions avec la Russie ont continué d’être une source d’incertitude.
Selon les indices PMI, le secteur industriel chinois traverse sa plus longue période de ralentissement en neuf ans. Bien qu’un accord entre les présidents Trump et Xi Jinping ait entraîné une réduction de certains droits de douane, la demande intérieure reste faible et les incertitudes dans les relations entre les États-Unis et la Chine continuent de nuire aux perspectives économiques.
La production mondiale de pétrole est demeurée stable, tandis que la demande a montré des signes de faiblesse. En conséquence, le prix du baril de pétrole a amorcé le trimestre à 62 $ US, mais s’est négocié sous la barre des 60 $ US durant la majorité du trimestre. Le 16 décembre, il a atteint un creux de 55,27 $.
Politique monétaire et titres à revenu fixe
Lors de sa rencontre du 29 octobre, la Banque du Canada a décidé d’abaisser son taux directeur. Le gouverneur Macklem a toutefois déclaré que les taux se situaient désormais « à peu près au bon niveau » pour maintenir l’inflation à 2 %, tout en soutenant l’économie dans une période de changements structurels découlant du conflit commercial avec les États-Unis. Le 10 décembre, les investisseurs n’ont donc pas été surpris de la décision des dirigeants de la Banque du Canada de maintenir le taux directeur.
De son côté, la Réserve fédérale américaine (la Fed) a réduit son taux directeur à deux reprises, en septembre et en décembre. Elle a porté son attention sur le marché de l’emploi, qui a montré des signes de faiblesse au cours de l’automne. Les baisses de taux annoncées visaient avant tout à soutenir la création d’emplois. En 2026, la persistance de l’inflation pourrait toutefois limiter la marge de manoeuvre de la Fed.
En Europe, la Banque centrale européenne (BCE) a maintenu son taux directeur inchangé à ses deux rencontres du 4e trimestre, soit le 30 octobre et le 18 décembre. La BCE estime que le taux d’inflation pour l’ensemble de 2025 devrait se situer à 2,1 %, ce qui est pratiquement le niveau visé. La Banque s’est abstenue de donner des indications sur la direction future des décisions de politique monétaire.
Après avoir maintenu son taux en octobre, la Banque d’Angleterre a opté pour une baisse de 0,25 % en décembre. Bien que le taux d’inflation, actuellement de 3,2 %, soit bien au-dessus de l’objectif de 2 %, la Banque d’Angleterre estime que la tendance des taux est baissière et que l’inflation retournera progressivement au niveau visé. La Banque rappelle que l’inflation s’est grandement résorbée puisqu’elle était de 10 % il y a trois ans.
Durant le 4e trimestre, les taux obligataires canadiens sont restés relativement stables jusqu’au début de décembre. La décision de la Banque du Canada de maintenir son taux directeur, tandis que la Fed abaissait le sien, a alors provoqué une hausse des taux obligataires canadiens. Ainsi, au 4e trimestre, les taux des obligations du Canada ayant une échéance de 10 ans sont passés de 3,15 % à environ 3,40 %.
Durant le 4e trimestre de 2025, le dollar canadien a fluctué à l’intérieur d’une étroite fourchette. Il a amorcé le trimestre à 0,72 $ US, puis a touché un creux de 0,71 $ US à deux reprises en novembre. Il a ensuite entamé une hausse et a terminé le trimestre à 0,73 $ US.
Marchés boursiers
En septembre, les marchés boursiers mondiaux avaient atteint de nouveaux sommets. Les anticipations de nouvelles baisses de taux directeurs et l’engouement pour l’intelligence artificielle soutenaient l’optimisme des investisseurs.
Au 4e trimestre, les marchés boursiers ont poursuivi leur progression, malgré des périodes de turbulences. L’évaluation élevée des titres de technologie a été une source de préoccupation. Il est important de noter que le groupe des géants de la technologie, surnommé « les 7 magnifiques », a fortement contribué à la hausse des indices américains. En dépit de ces incertitudes, les marchés ont atteint de nouveaux sommets. Les bons résultats financiers des entreprises, les perspectives de baisses de taux par la Fed et l’engouement pour les titres de technologie ont continué de soutenir la progression des marchés.
Le marché boursier canadien a encore une fois connu un meilleur trimestre que les indices américains. La progression des titres aurifères, qui composent 13 % de l’indice S&P/TSX, a favorisé notre marché. À la fin décembre, le prix de l’or a touché 4 500 $ US pour la première fois de l’histoire. Pour l’ensemble de 2025, il s’agit d’une hausse de plus de 70 %. La perspective de baisses de taux par la Fed et les tensions géopolitiques mondiales expliquent la hausse des derniers mois.
L’optimisme des investisseurs boursiers a continué de soutenir les actions canadiennes de petite capitalisation. Au 4e trimestre, l’indice S&P/TSX Petite capitalisation a affiché un rendement de plus de 10 %.
Pour leur part, les marchés boursiers émergents ont bénéficié de l’essor de l’intelligence artificielle et de l’apaisement des tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine. Pour l’ensemble de 2025, l’indice MSCI Marchés émergents affiche une progression de plus de 30 %.
À l’horizon
Pendant le 4e trimestre, on a continué d’observer un écart important entre la situation des ménages à faible revenu et celle des plus fortunés. Alors que les premiers subissent la hausse des prix et peinent à trouver un logement à prix abordable, les seconds profitent de l’appréciation de leur portefeuille boursier. Les dépenses de consommation des plus riches ont donc augmenté davantage.
Au cours des 12 à 18 prochains mois, l’inflation devrait demeurer présente. Les droits de douane imposés par les États-Unis à tous leurs partenaires commerciaux pourraient être moins élevés qu’annoncés. Cependant, ils seront supérieurs à ceux qui prévalaient avant 2025. Il est donc hautement probable que les prix payés par les consommateurs et les entreprises continuent d’augmenter.
Parallèlement, la faiblesse de la confiance des consommateurs et des entreprises contribuera au ralentissement du rythme de croissance de l’économie mondiale. D’une part, les ménages devraient réduire leurs dépenses en raison de la perspective de hausses de prix et des inquiétudes concernant leur situation financière. D’autre part, les entreprises font face à des perspectives nébuleuses, ce qui les incite à réduire leurs investissements et le rythme des embauches. Nous écartons toutefois le scénario de récession économique.
Le taux d’inflation, au Canada comme aux États-Unis, devrait augmenter légèrement. Cela placera les banques centrales dans une situation délicate puisque des baisses de taux directeur pourraient alimenter l’inflation. Pour compenser cette tendance, les taux obligataires de plus long terme devraient alors progresser.
Le ralentissement de la croissance économique limitera les investissements des entreprises. Au cours des 12 à 18 prochains mois, la croissance de leurs bénéfices sera limitée.
Dans ce contexte, nous maintenons, dans les portefeuilles équilibrés qui le permettent, une exposition réduite aux obligations canadiennes et aux actions américaines et internationales. En contrepartie, notre exposition aux actions canadiennes est supérieure à la cible et nous conservons une portion importante du portefeuille en liquidités. Les actions canadiennes offrent généralement un potentiel de rendement intéressant lors des périodes d’inflation.
Le dernier trimestre, bien qu’estival, a été riche en nouveautés. Fonds FMOQ franchit une étape importante en devenant gestionnaire de son propre portefeuille d’actifs immobiliers à vocation médicale. Cette nouvelle classe d’actifs allie stabilité des revenus et faible corrélation avec les marchés boursiers, tout en demeurant profondément ancrée dans votre écosystème professionnel. N’hésitez pas à en discuter avec votre conseiller.
Nous avons également renforcé notre approche grâce à la mise en place d’équipes multidisciplinaires régionales, pour vous offrir un accompagnement toujours plus complet et fidèle à nos valeurs de proximité et d’excellence.
Enfin, cet automne, la tournée du président de la FMOQ nous donnera le plaisir d’aller à votre rencontre partout au Québec. Mon équipe et moi avons hâte de vous y retrouver !
Emmanuel Matte,
Président
Comme annoncé précédemment, Fonds FMOQ ouvre un nouveau chapitre de son histoire en devenant gestionnaire de son propre portefeuille d’actifs immobiliers à vocation médicale.
Une étape majeure qui confirme notre engagement à vous offrir des solutions d’investissement innovantes, alignées sur vos valeurs, et qui placent le médecin au cœur de notre vision.
Avec des revenus locatifs stables et une demande en forte croissance pour les soins de santé, cette classe d’actifs sécurise vos revenus tout en diversifiant intelligemment votre portefeuille.
Ses avantages :
- Profil rendement-risque avantageux
- Revenus stables et prévisibles
- Croissance à long terme (appréciation du capital)
- Résilience éprouvée en période de turbulence
- Protection contre l’inflation
- Faible corrélation avec les actions et obligations
- Valeur tangible
En septembre, nous vous annoncions l’arrivée d’une nouvelle structure d’accompagnement. Elle est maintenant en place et vous permet de compter sur une équipe multidisciplinaire dédiée, réunissant des experts en épargne, gestion privée, fiscalité, planification financière, solutions cliniques et facturation médicale.
Votre conseiller demeure au centre de la relation et assure le suivi de votre dossier. L’équipe élargie vient en appui pour enrichir votre expérience et vous offrir :
- une prise en charge complète et personnalisée,
- une disponibilité accrue, axée sur la proximité,
- des conseils toujours pertinents grâce à la complémentarité des expertises.
Une formule pensée pour que vous soyez pleinement entouré, dans toutes les dimensions de votre réalité personnelle et professionnelle.
N’hésitez pas à communiquer avec votre conseiller pour en savoir davantage.
Audréanne Leblanc, LL.M., Fisc., Pl. Fin.
Planificatrice financière et fiscaliste
Et si nos décisions financières n’étaient pas seulement une affaire de calcul ? Avec Au-delà des chiffres, nous vous proposons une nouvelle rubrique qui explorera, édition après édition, les mécanismes psychologiques et émotionnels qui influencent nos choix financiers. Parce que derrière chaque décision se cache une dynamique humaine complexe qui mérite d’être explorée.
Tout au long de la vie, les décisions financières prennent une importance particulière. On veut faire les bons choix, éviter les erreurs, et surtout, ne pas regretter. Mais parfois, ce souci de bien faire nous paralyse.
Deux biais comportementaux bien connus peuvent expliquer ce phénomène : le paradoxe du choix et le biais de l’inaction.
Choisir devient plus compliqué quand les options se multiplient, c’est ce que démontre le paradoxe du choix, théorisé par le psychologue Barry Schwartz. Plus les options sont nombreuses et similaires, plus il devient difficile de prendre une décision avec confiance. Chaque possibilité semble valable, ce qui rend incertain le fait d’avoir choisi la meilleure.
Une étude bien connue illustre ce phénomène1. Des chercheurs ont installé un kiosque de dégustation de confitures dans une épicerie. Quand ils proposaient 24 saveurs, les gens s’arrêtaient, goûtaient, mais très peu achetaient. Avec seulement 6 choix, ils étaient moins nombreux à s’arrêter, mais beaucoup plus choisissaient d’acheter. Autrement dit, un trop grand nombre de choix attire, mais rend la prise de décision plus complexe.
En finance, c’est la même chose. Devant une multitude de fonds, de comptes, de stratégies fiscales ou encore de décaissement, on peut facilement se retrouver hésitant, incertain et paralysé. On veut bien faire, mais on ne sait plus par où commencer. Ainsi, il est possible de se retrouver dans le biais de l’inaction.
Ce biais tend à maintenir l’individu dans le statu quo, même lorsque la prise de décision est nécessaire. Pourquoi ? Parce que l’action implique un risque, une responsabilité, une possibilité d’erreur. Dans un contexte aussi chargé émotionnellement que la finance et les projets qui l’entourent, l’inaction peut sembler plus rassurante, même si elle est coûteuse à long terme.
Pourquoi ces biais vous concernent-ils ?
- Parce que les produits financiers sont nombreux, parfois trop.
- Parce que la finance et la fiscalité, ce n’est pas simple.
- Parce que chaque décision financière peut sembler lourde de conséquences.
Quelques pistes pour vous aider à avancer :
- Entourez-vous de professionnels compétents : un bon conseiller ou planificateur financier ne vous noiera pas dans les options. Il vous aidera à clarifier, à prioriser, et surtout, à passer à l’action avec confiance.
- Simplifiez vos choix : demandez à vos professionnels de vous présenter des options claires, en lien direct avec vos objectifs.
- Clarifiez vos priorités : qu’est-ce qui compte le plus pour vous en ce moment ? La sécurité ? La croissance ? La flexibilité ?
- Faites confiance au processus : vous n’avez pas à tout décider d’un coup. Une planification solide se construit étape par étape.
- Acceptez l’imperfection : il n’existe pas de décision parfaite, mais il y a des décisions alignées avec votre réalité et vos objectifs.
- Reconnaissez que l’inaction est aussi une décision : choisir de ne rien faire, c’est en réalité choisir de maintenir le statu quo. Et ce choix peut entraîner des conséquences, parfois plus lourdes que celles qu’on voulait éviter.
Chez Fonds FMOQ, notre accompagnement repose sur une approche pragmatique, centrée sur l’action et toujours alignée avec vos objectifs. Parce que comprendre les biais qui freinent, c’est le premier pas pour avancer sereinement.
1 Iyengar, S. S., & Lepper, M. R. (2000). When choice is demotivating: Can one desire too much of a good thing? Journal of Personality and Social Psychology, 79(6), 995–1006.
Note : Cette rubrique ne vise pas à offrir des conseils psychologiques ou financiers. Elle propose des pistes de réflexion inspirées de la finance comportementale, dans une approche informative et accessible.