/  30 juin 2012

Attiré par les fonds obligataires?

Avec un rendement de 8,66 %1 au 31 décembre 2011, le Fonds obligations canadiennes FMOQ s’est classé bon premier parmi les Fonds FMOQ quant aux rendements pour cette période annuelle. De leur côté, les Fonds d’actions affichaient des rendements négatifs pour la même période.

En plus de provoquer des « J’aurais donc dû… », une telle constatation est susceptible de piquer la curiosité de ceux qui ne s’étaient jamais intéressés aux fonds d’obligations jusqu’alors. Si tel est votre cas, voici les principales caractéristiques des obligations, des fonds d’obligations et de l’évolution de leurs rendements sur le marché.

Titre à revenu fixe

Une obligation est un titre de créance à long terme émis par un gouvernement ou une société. Elle fait partie de la famille des titres à revenu fixe, car l’émetteur s’engage principalement à deux choses:

1) verser périodiquement2 au détenteur de l’obligation un montant d’intérêt fixe, selon le taux de coupon convenu, et ce, jusqu’à l’échéance de l’obligation;

2) rembourser au détenteur la valeur nominale de l’obligation à la date d’échéance qui peut aller jusqu’à 30 ans à compter de l’émission.

C’est ce revenu potentiel fixe qui sert de base pour l’évaluation d’une obligation existante, en fonction du taux de rendement exigé par le marché.

Taux de rendement exigé

Pour chaque obligation émise antérieurement et qui est négociée, le marché « exige » qu’elle produise, pour son éventuel acheteur, un taux de rendement similaire à celui que rapporterait une nouvelle émission d’obligations d’échéance et de risque à assumer similaires.

Le risque dépend principalement de l’émetteur (p. ex. le gouvernement fédéral, le gouvernement provincial, une municipalité ou une société), de sa cote de crédit, de la liquidité du titre, etc. En théorie, une obligation déjà en circulation et comportant un taux d’intérêt nominal (taux du coupon), un niveau de risque ainsi qu’une échéance similaires à une nouvelle obligation, devrait exiger le même rendement que celle-ci. Toutefois, il est très rare en pratique que deux séries d’obligations émises à deux périodes différentes affichent exactement les mêmes caractéristiques, en particulier quant au taux d’intérêt nominal qui varie en fonction des taux en vigueur au moment de l’émission. C’est l’évaluation mathématique du rendement courant d’une obligation par rapport à son échéance et à son taux nominal, de même que les lois de l’offre et de la demande, qui déterminent le prix de vente de l’obligation.

L’évaluation des obligations

Puisque le revenu généré par une obligation jusqu’à son échéance est fixe, le mécanisme de l’offre et de la demande sur le marché s’avère le seul moyen de déterminer le prix par lequel un acheteur peut obtenir le taux de rendement exigé, ce dernier évoluant au rythme des taux d’intérêt dans l’économie.

Ceci signifie que, si le taux de rendement exigé pour une obligation donnée augmentait, la seule façon de réaliser ce plus haut taux de rendement, à partir du revenu fixe prévu, serait de payer un prix moins élevé pour l’obligation. De la même façon, le prix d’une obligation augmenterait si jamais le taux de rendement exigé sur le marché venait à baisser. En conséquence, compte tenu des fluctuations constantes des taux d’intérêt, la valeur marchande d’une obligation varie constamment au cours de sa durée : à la hausse si les taux courants baissent, à la baisse s’ils montent.

Il est important de distinguer ici le taux de rendement exigé par le marché, tel que décrit précédemment, du taux de rendement réalisé évoqué au début de l’article.

Le taux de rendement réalisé est la somme du revenu courant et de l’intérêt reçu, plus la croissance (ou moins la décroissance) de la valeur du capital. Ainsi, quand le taux de rendement exigé par ceux qui veulent acheter des obligations diminue, le taux de rendement réalisé par leurs détenteurs augmente en raison de l’accroissement de la valeur de leurs obligations.

De plus, pourvu que son détenteur conserve son obligation jusqu’à son échéance (et que l’émetteur ne fasse pas défaut, bien sûr), le rendement à échéance sera toujours correspondant à celui exigé par le marché lors de l’achat (à l’émission ou par la suite), et ce, peu importe les fluctuations de prix et de rendement exigé par les marchés tout au long de la durée de l’obligation.

En d’autres mots, même si le rendement d’une obligation pour une année est négatif à la suite d’une dévaluation de sa valeur sur les marchés (p. ex. à cause d’une hausse des taux d’intérêt courants), son détenteur aura obtenu, en moyenne, à l’échéance, le rendement exigé par les marchés au moment de l’achat. En contrepartie, l’existence d’un marché secondaire pour les obligations offre en tout temps une liquidité au détenteur, de même qu’une opportunité de réaliser à tout moment la valeur ajoutée de son placement, advenant une baisse des taux d’intérêt courants. Ce même détenteur doit toutefois faire preuve de patience en période haussière des taux, et laisser le temps faire son œuvre.

L’évolution des taux de 2009 à 2011

Le tableau ci-dessous détaille l’évolution des taux de 2009 à 2011. À titre d’exemple, le taux de rendement pour les obligations de 10 ans émises par le gouvernement du Canada est passé de 3,16 % (fin 2010) à 1,94 % (fin 2011). Cette baisse du taux de rendement, qui était généralisée pour l’ensemble des obligations canadiennes en 2011, a entraîné une augmentation des valeurs marchandes des obligations, d’où la relative bonne performance des fonds obligataires en 2011.

Les taux de rendement exigés par les marchés pour chaque type d’émetteur varient selon des courbes (généralement ascendantes), selon les durées à courir avant l’échéance. Les variations des taux de rendement exigés des obligations et, inversement, de leur prix, ne sont jamais uniformes. Par exemple, la variation des taux de rendement exigés d’une obligation de 5 ou de 30 ans sera différente, de même que la variation pour une même échéance, d’une obligation du Canada par rapport à une obligation corporative.

À titre d’exemple, le tableau suivant permet d’illustrer la baisse généralisée du taux de rendement exigé pour les obligations du gouvernement du Canada de 2009 à 2011. Ces données témoignent de l’augmentation de la valeur marchande de l’ensemble des obligations qui est à la source de la bonne performance des portefeuilles d’obligations au cours de ces années.

Les prévisions

Tant au Canada qu’aux États-Unis, la situation économique explique les niveaux historiquement bas des taux d’intérêt actuels. Cette situation devrait vraisemblablement s’améliorer, selon les prévisions des économistes. Puisqu’on peut anticiper une augmentation des taux d’intérêt des deux côtés de la frontière au cours des prochaines années, on peut également prévoir une baisse générale de la valeur marchande des obligations.

Ceci ne signifie pas pour autant qu’il faille éviter totalement ces dernières. En effet, les obligations continueront à jouer un important rôle de diversification dans un portefeuille équilibré, tout en étant fort utiles, si jamais la situation économique et les marchés boursiers s’avéraient moins favorables.

Les Fonds d’obligations

Contrairement à une obligation détenue directement, où le détenteur n’évalue pas constamment la valeur marchande de son titre, un fonds d’obligations doit, afin que les entrées et sorties s’effectuent à la juste valeur marchande, évaluer à chaque jour d’évaluation (quotidiennement ou hebdomadairement), la valeur de chacune des obligations et, par conséquence, de l’ensemble du fonds. La valeur unitaire du fonds évolue donc constamment en fonction des taux de rendement exigés par les marchés.

L’achat d’un portefeuille d’obligations, par le biais d’un fonds commun de placement, comporte tout de même des avantages certains, notamment :

1) une excellente diversification en ce qui concerne les types d’émetteurs, les émetteurs, la durée, le crédit, etc. ;

2) les gestionnaires de ces fonds peuvent parfois utiliser différentes techniques afin de maximiser le rendement du fonds et atténuer les conséquences d’une hausse de taux anticipée.

Toutefois, étant donné qu’un fonds d’obligations contient différentes obligations dont les échéances varient et que son portefeuille est constamment renouvelé (contrairement à une obligation détenue directement), il n’existe pas d’échéance précise. On ne peut donc pas connaître à l’avance la période au cours de laquelle le rendement à l’achat sera obtenu. Dans une conjoncture de relative stabilité des taux d’intérêt, elle devrait être approximativement équivalente à la durée moyenne de l’ensemble du portefeuille.

Le Fonds obligations canadiennes FMOQ

Le Fonds obligations canadiennes FMOQ a été créé en mars 2001. Son approche indicielle « améliorée » l’a très bien servi depuis sa création, car il a dégagé un rendement annuel composé de 5,72 % au 29 juin 2012.

L’approche indicielle est qualifiée d’« améliorée » parce que le Fonds est construit sur la base de l’indice DEX Univers. Le gestionnaire ne sélectionne pas tous les titres qui composent l’indice et jouit d’une certaine latitude quant au type d’émetteurs d’obligations gouvernementales.

Ces bons résultats classent le Fonds obligations canadiennes FMOQ dans le premier quartile (le meilleur 25 %) des fonds d’obligations canadiennes de l’univers des fonds AON Hewitt au 31 mai 2012 pour le rendement de 5 et de 10 ans.

Le Fonds est composé exclusivement d’obligations canadiennes dont l’échéance moyenne est actuellement d’environ 9,7 ans, ce qui lui confère une durée moyenne de 6,8 ans. Celle-ci a permis au Fonds de bien profiter du contexte baissier des taux. Même s’il en ira autrement lorsque les taux d’intérêt recommenceront à monter, on peut tout de même espérer un rendement légèrement positif, si les taux n’augmentent pas brusquement.

Conclusion

Les titres à revenu fixe ont toujours leur place dans un portefeuille de valeurs mobilières, entre autres, parce qu’ils réagissent de façon différente des actions et que leur capital à l’échéance comporte une garantie de remboursement de la part de l’émetteur.

La question est de savoir dans quelle proportion. Cela dépend de la conjoncture économique, certes, mais aussi et surtout de la situation financière, des objectifs de placement et de la tolérance au risque de l’investisseur. Une analyse détaillée par un professionnel du domaine, comme un conseiller des Fonds FMOQ, permettra de préciser les pondérations à attribuer à chacun des types de placement dans le portefeuille du particulier.

1 http://www.fondsfmoq.com/fonds_fmoq/pdf/feuillet_rendements_internet.pdf

2 Semestriellement, règle générale.